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Soin, sexologie et médecine sexuelle

Cancer de prostate : quelle est la place réelle de la sexualité ?

Dr Pierre BONDIL Cancer et sexualité

Le cancer de la prostate est souvent abordé sous l’angle du traitement et du pronostic. Cette conférence remet la santé sexuelle, la vie intime et le couple au cœur du parcours de soin, dès l’annonce du diagnostic et pendant l’après-cancer.

Intervenant

Dr Pierre BONDIL

Chirurgien urologue, andrologue, sexologue. Président de l'AIUS (Association Interdisciplinaire post-Universitaire de Sexologie) et Co-coordinateur du Groupe Expert Cancer, Sexualité et Fertilité de l'AFSOS (Association Francophone des Soins Oncologiques de Support).

Points clés

  • La sexualité reste un enjeu de qualité de vie, y compris chez les personnes âgées, malades ou vulnérables.
  • Dans le cancer de la prostate, le couple est souvent préservé, mais la sexualité peut être profondément altérée.
  • Les patients et partenaires manquent encore d’information, d’écoute et de réponses adaptées.
  • Les soins de support, dont la santé sexuelle, font partie intégrante du traitement du cancer.
  • La prise en charge doit raisonner en parcours de vie, pas seulement en organe ou en traitement.

Et bonsoir Pierre, bonsoir, comment tu vas Arnaud ?

Je vais très bien, merci beaucoup de donner de ton temps, merci beaucoup d'être présent

une fois de plus pour cette deuxième édition du Sommet de la santé sexuelle.

On remercie aussi les participants qui sont très nombreux cette année pour ce sommet,

qui ont répondu présent et ça montre qu'il y a un grand intérêt pour la santé sexuelle,

donc on est très content.

Alors Pierre, au cas où il y a des gens qui ne te connaissent pas, je vais quand même te présenter.

Donc Pierre, tu es chirurgien urologue, oncologue, sexologue.

Tu es donc président de l'association interdisciplinaire post-Universitaire de Sexologie,

l'AIUS, qui parraine cet événement, qui parraine le Sommet de la santé sexuelle.

Co-coordinateur du groupe expert cancer, sexualité, fertilité de l'AFSOS,

l'association francophone des soins oncologiques de support.

Et alors, tu as encore rajouté quelque chose depuis la dernière fois,

maintenant que tu es membre du comité scientifique sexualité de l'ANAMACaP.

Ça fait deux ans déjà.

Tu vois, je n'arrive plus à suivre.

Et donc tu vas nous parler du cancer de la prostate et des retentissements sur la sexualité.

Donc j'attends ça avec impatience et je te laisse présenter.

Écoute, merci beaucoup Arnaud.

Je suis content, en plus je suis savoyard, donc très content de coopérer avec la Haute-Savoie

et avec le GPTS et puis Arnaud, qui est membre du conseil d'administration

et qui fait beaucoup de choses pour l'AIUS, dont je le remercie.

Alors, le cancer de prostate, on parle souvent de sexualité,

mais quelle est la place réelle de la sexualité en pratique?

Alors, un petit rappel du cancer de prostate.

Alors ça, c'est les données les plus récentes.

Vous savez que c'est le premier cancer de l'homme, mais la troisième cause de décès,

mais 50 000 et 8000.

Actuellement, c'est un cancer de très bon pronostic puisqu'il y a 93% de survie à 5 ans

et on est pratiquement à 90 à 10 ans.

Donc, la prévalence est estimée à 643 000 personnes et l'âge moyen médian au diagnostic est de 68 ans.

Donc, c'est un cancer qui survient pour les seniors puisque c'est très exceptionnel

d'avoir un cancer de prostate avant 50 ans.

Et ça, c'est très spécifique au cancer de prostate.

Alors, quoi de leur sexualité et de la vie intime et sexuelle

des patients qui sont atteints d'un cancer de prostate?

Tout d'abord, il faut rappeler que la sexualité des seniors, elle est réelle et active.

Et là, j'avais fait une étude où j'avais pris pendant un an tous mes patients qui avaient un cancer de prostate

et je leur demandais s'ils avaient des difficultés érectiles et s'ils souhaitaient un traitement.

Et j'avais été très frappé comme je demandais à tous mes vieux patients, entre guillemets,

ce que je ne faisais jamais auparavant ou rarement auparavant.

Le premier m'a dit, mais j'ai le droit d'avoir des rapports sexuels et ça m'avait vraiment beaucoup interpellé.

Et je me suis dit, tiens, je vais regarder un petit peu tous mes patients qui avaient 75 ans et plus.

Et vous voyez que finalement, on a beaucoup d'insuffisance érectile puisqu'il n'y en avait que 7%

qui n'avaient pas d'insuffisance érectile.

Mais ce sont des patients âgés, qu'une radiothérapie, une hormonothérapie, enfin bref, des comorbidités.

Donc, c'était normal.

Mais tout de même, vous voyez, je veux dire, sur ces patients, il y en a eu pratiquement 25%,

27% qui avaient demandé un traitement, donc plus d'un quart.

Et j'avais demandé également, est-ce que vous trouvez que faire cette enquête sur la sexualité

chez les personnes âgées est une bonne chose ?

Vous voyez, c'est très clair.

Il y en a deux qui m'ont dit non, qui avaient 81 et 85 ans.

Par contre, vous voyez, il y avait vraiment pratiquement 90% d'approbation.

Donc, c'était vraiment très net.

Et vous voyez, on a vraiment des idées reçues sur la sexualité des personnes âgées qui ont un cancer.

Et moi, le premier, vous voyez, j'avais ça il y a maintenant 10 ans.

J'ai été un de ceux qui avait ces idées reçues.

Alors, pourquoi ?

Bien, finalement, ce n'est pas très étonnant parce que, est-ce que la sexualité est importante pour la vie de couple ?

Eh bien, quand on pose des questions, différentes enquêtes, vous voyez, ça, c'est une enquête qui a été faite en 2014.

Diriez-vous que le sexe est essentiel pour faire durer un couple ?

Eh bien, oui, réponse très franche, 82% pour, non.

Et après, quand on rentre, on dit souvent, les femmes sont moins intéressées.

Eh bien, oui, finalement, un peu moins, mais tout de même, très largement intéressées.

Et avec l'âge, regardez, quand on est dans les 65 ans et plus, eh bien, on a toujours 82%.

Qu'il soit seul ou qu'il soit en couple.

Et vous voyez, vraiment, on retrouve à chaque fois, première information importante,

la sexualité n'est en rien à la retraite et il n'y a pas d'âge limite.

Alors après, c'était intéressant de faire des études, puisqu'on fait toujours des études chez des gens qui sont en bonne santé, etc.

Là, c'est finalement les personnes qui sont malades.

Est-ce que la santé sexuelle et la satisfaction liée à la vie sexuelle, est-ce que c'est important ou non ?

Là, c'est une enquête nord-américaine sur plus de 6000 personnes, si je me souviens bien.

Eh bien, oui, finalement, ce n'est pas étonnant, mais encore fallait-il le démontrer.

La santé sexuelle est un aspect très important de la qualité de vie, y compris chez les personnes en mauvaise santé.

La satisfaction sexuelle est significativement plus basse chez les hommes et les femmes en mauvaise santé par rapport à ceux qui sont en bonne santé.

Ça paraissait évident, mais encore fallait-il le montrer.

Et la conclusion de cette large étude était de la vie affective et sexuelle des personnes vulnérables, malades, handicapées ou âgées,

doit être prise en compte, car elles ont les mêmes besoins et les mêmes droits que celles en bonne santé.

Donc, il ne faut pas oublier que les personnes qui sont en vulnérabilité liées à la maladie ou autre chose,

ont le droit d'avoir une vie sexuelle et des satisfactions sexuelles.

La situation actuelle en 2023, elle est la même. Je mets pratiquement la diapositive depuis dix ans la même.

On sait que les impacts, les demandes sont fortes, que les demandes et les besoins sont très bien identifiés.

On sait qu'on a des traitements qui sont souvent efficaces, mais le dépistage, le repérage et les réponses soignantes sont encore très insuffisantes.

Donc, il y a un déficit au niveau national qui est net, pas qu'en France, mais dans tous les pays.

Donc, ça, c'était un petit peu le contexte. Maintenant, quels sont les principes de base de la prise en soin d'une majorité de cancers en 2023,

y compris, bien évidemment, le cancer de prostate ?

Alors, tout d'abord, bien évidemment, c'est guérir plus, préserver les parcours de vie avec trois enjeux prioritaires.

Rétablissement des capacités de l'autonomie fonctionnelle, rémission des symptômes, acceptabilité des traitements et des conseils,

adaptation aux séquelles et bien évidemment, y compris sur les séquelles sexuelles et intimes, sur la dimension sexuelle et intime.

Donc, vous voyez que les parcours de soins, de santé et de vie ne sont absolument pas antagonistes, mais au contraire, tout à fait conciliables.

Et que qualité de vie versus durée de vie, ce n'est pas contradictoire, mais synergique.

Et ça, je crois que c'est quelque chose qui rend très nouveau maintenant.

Enfin, très nouveau depuis quelques années, en tout cas.

C'est que les défis actuels, c'est de concilier le guérir ou le cure et les souhaits de bien-être et de qualité de vie,

c'est-à-dire le prendre soin ou le caire des patients, mais aussi des couples.

Donc, vous voyez, c'est vraiment une synchronie des différents parcours.

Et cette notion de parcours devient quelque chose d'essentiel actuellement.

Pourquoi ? Parce qu'il ne faut plus raisonner en termes d'organes ou de cancers,

mais en termes d'une personne qui a un cancer et qui vit dans un environnement spécifique.

Alors, ça recoupe exactement la stratégie nationale de lutte contre les cancers 2021-2030.

Vous voyez, c'est l'axe 2, donc c'est un axe majeur.

C'est limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie.

Et donc, c'est les soins de support.

On va y revenir tout de suite.

Donc, c'est réduire les séquelles, améliorer l'offre existante de prise en charge des séquelles,

améliorer l'offre de réhabilitation fonctionnelle et de reconstruction post-traitement.

Donc, vous voyez, on est vraiment dans ces parcours de rétablissement, ces parcours de vie, ces parcours de soins.

Alors, question fondamentale.

Où faut-il positionner la santé sexuelle et la vie intime qui sont corollaires ?

Eh bien, la réponse est extrêmement simple, dans les soins de support.

Alors, je vous rappelle que les soins de support sont définis comme l'ensemble des soins et soutiens

qui sont nécessaires pendant et après la maladie.

Ils reposent sur une analyse globale des besoins, du vécu également,

et visent à vous assurer la meilleure qualité de vie possible sur le plan physique, psychologique,

social, relationnel et conjugal.

On peut le rajouter.

Ils prennent en compte la diversité de vos besoins et de vos vécus ainsi que ceux de votre entourage

et ils font partie intégrante de votre traitement.

Ils ne sont ni secondaires ni optionnels.

Vous allez voir que maintenant, ce sont des traitements obligatoires

et ils concernent tous les soins qui permettent de gérer les conséquences de la maladie et des traitements.

Ils sont avant tout le parcours et la durée du soin.

Ils ne sont pas que la phase palliative, mais encore une fois,

pendant toute la phase de traitement dès le diagnostic.

Avancées majeures qui datent d'il y a 2016.

Vous voyez, je veux dire, il y avait déjà un premier panier de soins de support,

la douleur, la nutrition et l'aide sociale.

Et vous voyez qu'il y a eu cinq soins de support complémentaires,

l'hygiène de vie, l'activité physique adaptée dont on entend, et on en reparlera,

les troubles de la sexualité, la préservation de la fertilité,

le soutien des proches et des aidants.

Donc vous voyez maintenant, notion à savoir,

c'est que les soins de support font partie du traitement obligatoire du cancer

et d'ailleurs, ils font partie des critères d'accréditation pour pouvoir traiter le cancer.

Donc vous voyez, on ne peut plus dire ce n'est pas important.

Et lorsqu'on a fait le référentiel que j'avais coordonné avec Fadia Farsi de Lyon,

le groupe de travail avait dit, il est recommandé d'intégrer la préservation

de la santé sexuelle de la vie intime tout au long des parcours de soins

et de l'après-cancer au titre des soins de support.

Vous voyez, c'est extrêmement clair et précis, c'est un grade B,

compte tenu de l'impact négatif du cancer et de ses traitements

et de l'importance de la vie sexuelle et intime

pour une majorité de patients et de couples.

Alors, dans le cas du cancer de prostate,

je trouve un dessin que j'avais pris dans la revue médicale suisse

que je trouve qui est vraiment extrêmement explicite.

Vous voyez, c'est un patient avant où tout se passe bien,

le diagnostic, l'annonce du diagnostic et vous voyez,

il met vraiment tout à fait, bien sûr sur la prostate,

mais sous toute la partie pelvienne et génitale et donc après gros points d'interrogation.

Donc le cancer, on le sait bien, c'est un accident de vie majeur pour le patient,

pour le couple et pour leur vie intime et sexuelle.

Et la particularité que ça a, c'est que quel que soit le cancer,

et notamment dans le cancer de prostate, c'est très brutal,

c'est souvent intense et ça dure longtemps.

D'ailleurs, lorsqu'il y a eu des études qui étaient comme Vican 2,

c'était la vie deux ans après le cancer.

Lorsqu'on posait la question, et c'est la première fois en France,

c'était en 2012, où il y avait une enquête qui s'intéressait à la sexualité,

la vie affective et conjugale.

Que disaient les patients ?

Très simple, le couple est préservé, contrairement aux idées reçues,

mais pas la sexualité.

La sexualité est un aspect peu abordé par les soignants

et ils nous demandaient de mieux prendre en compte les difficultés sexuelles des patients.

Donc on va voir si dans le cancer de prostate, c'est ça.

En fait, non, puisque vous verrez qu'on n'est pas dans un dialogue de sourds,

mais de muets, puisque vous voyez, bravo, votre PSA est bonne, tout va bien,

ma vie entière est affectée, je ne peux pas dormir, je ne peux pas marcher,

et je ne peux pas avoir du sexe.

C'est sous-entendu, mais on n'en parle pas.

Et pourquoi ?

Parce qu'en fait, la situation actuelle est celle-là et on le retrouve

dans toutes les enquêtes et dans tous les pays du monde.

S'il a un problème, j'espère qu'il en parlera et j'espère qu'il m'en parlera.

Donc il est très important de légitimer la thématique de la sexualité,

de la santé sexuelle et de la vie intime, d'autoriser, de démystifier cette problématique.

Alors quand on fait des enquêtes, ce n'est pas propre à la France,

parce que là, c'est une enquête européenne.

Et vous voyez, en 2013, quand on demandait une enquête qui a été faite sur les besoins non satisfaits,

vous voyez, dans les besoins, pas de besoins, il n'y en a que 20%.

Donc en fait, dans 4 sur 5, il y a des besoins.

Et vous voyez que la sexualité, on l'a retrouvée tout de même dans 60%.

Il n'y avait que 40% dans cette étude où il n'y avait pas de demandes

et plus que, par exemple, sur les besoins d'incontinence.

Alors c'est une enquête qui avait été faite en Australie, vous voyez,

sur 252 Australiens randomisés, qui montrait quel est le pire moment que vous avez eu

lorsque vous avez eu le diagnostic et le traitement du cancer de prostate.

Vous voyez, il y a les trois premières raisons.

C'est le choc, bien évidemment, le tsunami de l'annonce du cancer,

de ne pas savoir ce qui va se passer, le risque de mort.

Alors qu'on a vu que le pronostic était tout de même très favorable.

Et également, l'arrêt de la vie sexuelle avec une crainte de perdre le partenaire,

de problèmes au niveau conjugal, la perte de la qualité de vie.

Donc, vous voyez, de souhaiter des demandes du partenaire

et que la famille et les amis et les soins de support l'aident.

Et vous voyez, quand on leur demandait quels étaient les cinq premiers aspects

qu'ils ont retrouvés encore à chaque fois, l'incontinence, l'impuissant.

Bon, là, ça n'a rien d'extraordinaire, mais c'est un témoignage d'une corde

de patients australiens qu'ils montraient.

Là, c'était une étude américaine qui montrait les regrets à long terme,

15 ans par rapport au traitement initial.

C'était sur presque de 1000 patients.

Il y avait surtout la chirurgie, mais aussi la radiothérapie

et un traitement conservatif, parce qu'à l'époque,

on faisait beaucoup moins de traitements conservateurs.

Vous voyez, quand on leur demande au niveau de la sexualité,

quels étaient vos regrets, il n'y en a pas.

C'était un tiers pour simplifier, un tiers, globalement un tiers,

un tiers, un tiers.

Mais par contre, pour le traitement conservateur, vous voyez, je veux dire,

il y en avait plus de satisfaction par rapport au traitement.

Moyen ou un peu, vous voyez, on arrive tout de même à un tiers, un tiers.

Vous voyez, tout de même, dans deux tiers des cas, pour simplifier,

il y avait tout de même un regret, même 15 ans après.

Et quand on demande à des populations de différents âges,

vous voyez, ça, c'est une méta-analyse.

Donc, on a fait des études sur tous les résultats,

toutes les enquêtes qui ont été faites.

Quand on est dans le top 1 et 2, top 1 et 2, vous voyez qu'à chaque fois,

bien sûr, on retrouve la survie globale,

mais on retrouve également la qualité de vie.

Oui, la qualité de vie se retrouve.

Et quand on prend dans toutes les études,

dans les sujets, pour les sujets les plus âgés,

vous voyez que la qualité de vie, et même chez les populations,

est tout de même très importante par rapport à la survie globale.

Donc, vous voyez, il faut vraiment faire attention

que la qualité de vie par rapport à la survie globale,

reste tout de même un critère qui est important pour les patients.

Alors là, je vais vous montrer des études qui ont été faites

par l'ANAMACaP, l'Association nationale des malades du cancer de la prostate.

Toujours, par exemple, dans les critères de choix du traitement,

c'est une enquête qu'on avait faite en mai 2021.

On avait arrivé à 1161 et on a eu tout de même 50%,

donc pratiquement 600 réponses.

Donc, c'est un bon résultat.

Les facteurs majeurs, on retrouve également la même chose,

les guérisons, la durée de vie, la qualité de vie, 95%, bien sûr.

Mais finalement, la vie intime et la vie de couple,

ce n'est pas du tout négligeable, puisqu'on est à 70-75%,

comme important et très important.

Quand on demandait, est-ce que la qualité de vie sexuelle,

est-ce que c'est important ou non ?

Dans 50%, il y avait un adhérent sur deux qui nous disait oui,

et plus il était jeune et plus c'était important.

Quand on est dans les personnes de plus de 70 ans,

je retrouve l'enquête que j'avais faite dans ma corde de patients,

sans importance, finalement, c'est vraiment très minoritaire.

Selon vous, quand est-ce qu'il faut poser la question

de la préservation en santé sexuelle, de la vie intime ?

C'est dès l'annonce du diagnostic, avant le traitement,

c'est exactement les recommandations de l'AFSOS,

avec le label 1K, qui est un grade A.

Les impacts des traitements, on ne retrouve rien d'extraordinaire.

On retrouve, important ou très important,

on a pratiquement plus de 80% des difficultés d'érection.

Là, on a beaucoup moins, 25% d'incontinence,

perte d'urine pendant les relations, une baisse du désir dans 40%.

Mais on retrouve également, ce qu'il ne faut pas oublier,

ce n'est pas du tout négligeable, puisque c'est un patient sur deux

qui nous dit, j'ai une baisse du sentiment de virilité,

un manque de confiance en moi et un renfermement qu'on retrouve

dans pratiquement un tiers des cas.

Et puis, rupture ou difficulté de communication avec ma partenaire.

Tout de même, on est pratiquement à 30%, au moins sur 4.

Donc, il faut faire attention à cet aspect,

avoir une réponse qui intègre également la partenaire.

Alors, avec qui le patient dit, je ne veux pas, je parle avec qui ?

La partenaire ou la partenaire, c'est l'interlocuteur privilégié

pour parler de sexualité de vie intime.

Par contre, pour identifier le bon interlocuteur,

ça reste toujours un réel problème dans la vraie vie.

Vous voyez, on a le partenaire, deux tiers des cas,

des amis, des patients, rôle important des associations comme la NAMACA.

Un fois sur cinq, je n'ose pas en parler,

donc il y a toujours, vous voyez, ce blocage, cette réserve,

ces tabous, ces idées reçues.

Et vous voyez, un psycho-oncologue ou un sexologue,

vraiment, ça vient très loin.

Question qui était intéressante, vous voyez, qu'on avait posé la question,

que pensez-vous, est-ce que c'est important dans le processus de guérison,

de s'occuper des problèmes de santé sexuelle et de vie intime ?

Vous voyez que deux patients sur trois pensent que le fait

de préserver la vie sexuelle a un impact très important ou important,

donc plutôt les effets positifs de la santé sexuelle positive,

mais des soins de support.

Et plus la dérangée jeune, plus l'impact.

Et bien sûr, ils insistent beaucoup sur la prévention

pour éviter d'avoir des problèmes.

Par contre, alors là, il y a un problème qui est important

et qui reste important.

Vous voyez, quand on demandait à cette enquête,

on leur demandait, est-ce que finalement, vous avez eu des réponses satisfaisantes ?

Un patient sur deux a pu poser les questions qui lui tenaient à cœur

à propos de la sexualité à l'entourage soignant,

donc un sur deux, d'accord ?

Et plus d'un sur deux jugent des réponses obtenues insatisfaisantes

ou moyennement satisfaisantes.

Et ça, c'était intéressant parce qu'il y avait une enquête

qui avait été faite par la NAMACAP et l'Association française de virologie

en 2013, qui était sur 250 patients.

Et on a exactement les mêmes réponses,

c'est qu'il y avait toujours un patient qui a dit,

non, je n'ai pas eu les réponses adaptées ou satisfaisantes.

Donc, vous voyez, en l'espace de dix ans,

finalement, malgré tous les progrès qu'il y a eu,

toutes les révolutions, il y a eu vraiment ce problème d'accès à l'information

et de réponse et de prise en compte et d'écoute des patients.

Il reste un problème majeur.

Alors, quels troubles sexuels dans les cancers de prostate ?

Bien évidemment, on parle des troubles de l'excitation

et donc de la dysfonction érectile.

Mais n'oublions pas qu'il peut y avoir des troubles du désir,

qu'ils soient psychogènes, iatrogènes, par exemple,

avec l'hormonothérapie anti-testostérone,

qu'il peut y avoir des troubles des douleurs,

qu'il peut y avoir des maladies de l'apéronie,

qu'il peut y avoir, bien sûr, évidemment,

toujours une injéculation, mais des douleurs, une oséamurie.

Il peut y également avoir, on l'a vu,

les troubles identitaires, mais qui sont invisibles.

Et souvent, toutes les fonctions sexuelles peuvent être touchées

isolément ou de façon plus souvent associée.

Alors, quand on demande les besoins cancer et sexualité,

quels sont les besoins des hommes,

mais également des femmes malades et de leurs partenaires,

c'est parfaitement documenté actuellement.

Ils veulent en parler.

Ils veulent pouvoir s'exprimer sur leurs craintes, leurs peurs,

leurs projets parentaux et affectifs.

Ils veulent être informés des conséquences.

Est-ce que je peux avoir des rapports?

Quelles précautions?

Quels sont les traitements efficaces?

Être rassuré et accompagné.

Oui, on retrouve cette notion de prendre soin et d'accompagner

et d'être traité ou orienté si c'est indiqué ou nécessaire

à viser préventif ou curatif.

Donc, oui, ce qui a changé maintenant,

c'est que vraiment quand on voit qu'il y a un patient sur deux

qui dit je n'ai pas eu d'information,

alors que c'est quelque chose d'important pour moi,

pour plus de 80%,

c'est l'importance du diagnostic situationnel.

Que sait-il?

Que pense-t-il?

Qu'est-ce qu'il souhaite?

Pour dépister, évaluer ses vécus et ses besoins,

notamment littératie, savoir chercher et s'approprier l'information.

L'importance de l'éducation thérapeutique tout au long

du parcours de soins et puis corriger les fausses croyances.

Et vous voyez, là, je vous ai pris le Partenariat canadien

contre le cancer, mais qui est vraiment très bien.

C'est les idées de base des soins axés sur la personne

qui sont actuellement l'objectif à atteindre.

C'est la dignité, le respect, la communication,

le partage d'informations, la collaboration,

la participation et la prise de décisions partagées et éclairées.

Vous le savez.

Donc, je suis respecté, je suis écouté, je suis compris.

Je participe dans le cadre de la démocratie sanitaire.

Et vous voyez, tout ça, c'est le concept expérience patient,

d'où l'importance actuellement comme nouvel acteur en santé sexuelle

des associations de patients.

Et au niveau de la US et de la NAMACAP,

on est en train d'insister beaucoup sur ce partenariat.

Alors, pourquoi c'est important?

Parce qu'il ne faut pas oublier que dans le domaine de la sexualité,

des troubles de la sexualité, on n'est pas dans le domaine du signe.

Le signe, on le voit, c'est objectif,

mais on est dans le domaine du symptôme,

c'est-à-dire qu'il est invisible, masqué,

d'autant plus qu'il y a souvent les tabous et la honte.

Vous voyez, il y avait 20% dans l'enquête.

C'est subjectif.

Donc, c'est un diagnostic interrogatoire.

Si on ne pose pas la question, on ne peut pas le savoir.

D'où l'importance d'être proactif et de dépister tôt et traiter tôt.

Pourquoi?

Parce qu'on a un risque de chronicisation.

Et à ce moment-là, ça devient beaucoup plus difficile.

Notion importante pour le cancer,

c'est par définition, le patient ou la patiente

est le seul à pouvoir définir son bien-être et sa qualité de vie

selon ses propres critères de valeur.

Il n'y a pas un cancer de prostate.

Il y a des malades différents, dans un contexte différent,

avec une santé différente,

une partenaire différente, à présent ou non,

et ayant un cancer de prostate.

Donc, tout ça est très hétérogène et inhomogène.

Et toutes les enquêtes montrent que les patients et les partenaires

attendent que ce soit le professionnel de santé

qui l'aborde en premier.

Donc, oui, c'est vraiment une obligation.

Ce soin de support est obligatoire.

Et donc, informer, c'est d'abord la loi Kouchler.

Donc, c'est légal.

Et deuxièmement, c'est déontologique, l'article 35.

Donc, il faut informer tous les malades et les couples.

Mais en fait, il faut redresser.

Tout le monde n'est pas demandeur.

Vous l'avez vu tout à l'heure.

C'est pratiquement 40% ne demandaient pas de traitement.

Et traiter, c'est qu'une partie.

Donc, il n'y a pas de maladie, mais que des malades.

Revenons aux fondamentaux.

Et enfin, troisième point important.

Osons parler non pas de sexualité.

Là, on est dans la sémantique.

Non, il faut parler de santé sexuelle et de vie sexuelle et intime.

Parce qu'à ce moment-là, vous vous reposez dans votre légitimité de soignant.

Et le patient ou la patiente en parle extrêmement facilement,

sous réserve d'avoir un minimum d'informations.

Alors, toujours, je vous rappelle la thématique.

C'est quelle est la place de la sexualité ?

Finalement, la sexualité, elle joue un rôle vraiment important

pour le choix initial du processus de décision partagée, éclairée.

On est vraiment dans la relation soigné-soignant,

dans la démocratie sanitaire, dans le concept expérience patient.

Eh bien, si le profil de risque carcinologique est élevé,

le problème carcinologique est prioritaire sur la sexualité.

Voilà, c'est vraiment exception.

Par contre, quand il est intermédiaire,

et vous verrez que c'est tout de même souvent le cas,

le choix du traitement et le choix du traitement est à discuter

en fonction des souhaits de vie sexuelle du patient et si possible du couple.

Et si le risque est faible,

ce qui arrive tout de même assez souvent avec le cancer de prostate,

le choix peut être bien discuté,

car la qualité de vie et notamment la vie intime et sexuelle

peut être prioritaire pour raison X ou Y.

Donc, vous voyez, les traitements curatifs versus l'abstention,

la surveillance active, les différences de traitements focaux,

pardon, les traitements focaux entraînent des différences de bien-être,

de séquelle et de qualité de vie sexuelle.

C'est encore controversé, mais c'est en train de changer,

d'où l'utilité des nomogrammes et surtout de l'importance de l'information,

de la décision partagée à tout âge et même chez les patients âgés.

Souvenez-vous de mon vieux papy.

Donc, il faut vraiment un traitement réellement personnalisé aux patients

et à son envirage et non aux soignants.

Ce n'est pas parce que j'ai un robot ou que j'ai un appareil de radiothérapie

ultra performant que je dois l'utiliser obligatoirement.

Non, ce n'est pas comme ça que ça se passe.

Alors, quelles sont les actions ?

Vous voyez, dans notre référentiel préservation de la santé sexuelle,

on a été très clair.

Il est recommandé de privilégier dans tous les cas

les objectifs d'efficacité carcinologique grade A,

que le choix du traitement se fasse d'un commun accord

après une information éclairée et partagée

si le patient souhaite privilégier sa qualité de vie sexuelle

et que c'est possible, comme en cas de cancer de prostate localisé peu agressif.

Alors on a mis un grade C parce qu'il n'y a pas suffisamment de littérature

pour le prouver.

Et d'inclure en amont d'un traitement et tout au long du parcours de soins

une information quant aux conséquences sur la santé sexuelle

et aux solutions disponibles en cas de dysfonction.

C'est un grade A.

Je vous rappelle ce que montrait l'enquête de la NAMACAP 2013 et 2021

où un patient sur deux est en cancer de prostate,

qui est censé être un cancer où on parle beaucoup.

Il faut parler dès la phase d'annonce des conséquences

au niveau de la vie intime et sexuelle.

Et l'enquête Vican 2 montrait que neuf patients sur dix,

en dehors du cancer du col et en dehors du cancer de prostate,

vraiment n'avaient pas d'information.

En tout cas, ne se souvenez pas d'avoir une information deux ans après.

Alors ça, c'est une première dimension, qualité de vie, choix du traitement.

Maintenant, on va arriver dans une autre dimension

qui est ce qu'on appelle la dysfonction, maladie et ou symptômes.

Pour vous aider tout de suite à comprendre,

là vous avez deux jumeaux qui ont un cancer de prostate T1C,

c'est-à-dire qu'au toucher rectal, on ne sent pas de nodule.

50 grammes, c'est un poids banal de prostate.

Il a une glycine 7, 3 plus 4,

donc on va dire que c'est un pronostic intermédiaire.

Une hypocalle 8 mm, PSA à 6 et une dysurie qui est simple.

Donc, je veux dire, le risque est intermédiaire.

Ce n'est pas un cancer qui est particulièrement agressif et dangereux.

Monsieur X, il est prédiabétique, hyper tendu, surpoids, fumeur,

il a des apnées du sommeil et puis il vous signale

qu'il a une insuffisance érectile associée à une angoisse de performance.

Son frère, lui, par contre, il n'a pas de difficultés, sportif et non fumeur.

Alors, qu'est-ce que vous proposez pour ce cancer de prostate de monsieur X?

Alors, je reviens en arrière.

Je peux vous dire que je le fais très souvent.

Je le présente à mes collègues urologues.

On va dire qu'il y en a un certain nombre qui vont dire

qu'on lui fait une prostatectomie radicale, premier traitement.

Éventuellement, on va faire une radiothérapie.

Donc, ça, c'est vraiment une attitude qui est assez classique

et qu'on retrouve facilement et qui a des arguments.

Alors maintenant, si on rentre dans l'évidence base médecine,

la médecine dure, là, on n'est pas dans la médecine de confort.

En fait, quel était le profil de risque cardiovasculaire de monsieur X?

Alors, si on prend le score de Framingham,

je vous rappelle que le score de Framingham,

il évalue la mortalité à 10 ans.

Eh bien, on voit que ce monsieur,

il avait 37% de probabilité de mourir d'un problème cardiovasculaire.

Et en fait, comme il a une insuffisance érectile prématurée,

c'est-à-dire avant 70 ans,

on est très probablement, très certainement aux alentours de 50% à 10 ans.

Quel est son risque de mourir d'un cancer de prostate à 10 ans?

Eh bien, vous voyez, il n'y a pas photo, OK?

Donc, et en plus, là, il y a une étude qui vient de sortir tout récemment,

qui m'intéressait beaucoup parce que c'est une étude qui a été faite en Angleterre

et qu'ils avaient pris les Anglais, là, pour ça, ils sont bons.

Ils ont pris trois groupes de patients.

Vous voyez, ils ont fait surveillance active, prostatectomie, radiothérapie.

Et en voyant ce qui se passe, voilà, au bout de 10 ans.

Alors, vous voyez, il y avait peu.

Alors, c'était tout à fait des cancers qui étaient tout de même de bons pronostics

puisqu'il y avait supérieur à 6, il n'y en avait que 15%.

Et des T2, c'est-à-dire un nodule au toucher rectal, il n'y en avait que 20%, d'accord?

Mais il n'empêche 82 000 hommes, vous voyez, qui ont été suivis.

Et qu'est-ce qu'on voit à 15 ans?

Finalement, regardez le pronostic, d'accord?

La survie, pas beaucoup de différence, d'accord?

Avec moins et tout de même extrêmement élevé.

Donc, vous voyez quelles étaient les priorités de Monsieur X?

En fait, sa priorité, sa vraie priorité, c'était la mortalité compétitive.

Et là, on était également dans une stratégie de prévention.

C'était ça, ses vraies priorités.

Beaucoup plus que son problème carcinologique.

Il ne fallait pas se focaliser sur ce problème de cancer.

Mais l'appréhender d'une façon globale.

Parce que pour lui, la principale priorité, c'était la prévention primaire des accidents cardiovasculaires.

Et là, c'est vraiment vital chez lui.

Donc, il avait forte probabilité de faire un infarctus ou un accident vasculaire cérébral.

Parce qu'il avait beaucoup de comorbidités, donc un profil à très haut risque.

Et il fallait le traiter.

Secondaire, bien sûr, il fallait traiter ces comorbidités.

Comorbidités, je vous rappelle que secondaire, c'est faire un traitement précoce de la maladie en cause.

Donc là, des comorbidités.

Et là, c'est pour éviter qu'il fasse l'infarctus.

Mais également, son cancer de prostate.

On lui demandait de maigrir, d'avoir une bonne hygiène de vie, de faire attention au niveau nutritionnel.

Et tout ça a un rôle qui va diminuer un petit peu l'évolution du cancer.

Tertiaire, ce sont les conséquences.

Ben oui, parce que là, il se plaint d'une insuffisance érectile.

Donc, on va l'améliorer.

Et quaternaire.

Quaternaire, c'est le sturt traitement.

Là, on est en plein dedans.

Donc, vous voyez, finalement, sur ces exemples très concrets.

On comprend très bien qu'une dysfonction érectile ou un trouble de l'humeur peut être un symptôme.

Ça marque d'un témoin d'une trouble de la maladie sexuelle, d'un trouble de la santé sexuelle,

d'un trouble de la santé cardiovasculaire, d'un trouble de la santé mentale, par exemple, ou relationnelle.

Mais ça peut être aussi une maladie.

Si le symptôme par lui-même entraîne un mal-être, maléhabitus d'une maladie, une détresse, une souffrance.

Et on peut être bien évidemment avoir une maladie et une dysfonction.

C'est un symptôme.

Donc, vous voyez, ça, c'est un concept qui avait déjà été avancé il y a de nombreuses années,

mais qui maintenant doit revenir.

Pourquoi ça doit revenir?

Parce que maintenant, la mortalité liée aux comorbidités, la mortalité compétitive devient un problème quotidien.

Quand vous regardez un petit peu les 2011, quand on regarde de quoi on meurt en cas de cancer de prostate,

en noir, on meurt d'autres choses que du cancer de prostate.

Donc, plus il y a de comorbidités ici, plus vous mourez d'autres choses que du cancer de prostate.

Et même si vous avez un cancer de prostate agressif, comme c'est le cas des scores de D'Amico de haut risque,

vous voyez, on meurt peu du cancer de prostate.

Donc, la priorité en termes de mortalité prématurée évitable,

il faut toujours la prendre en compte, d'autant plus que nous sommes, je vous rappelle,

âge moyen du cancer de prostate 68 ans.

Et regardez, si on est, ça, c'est l'étude de la population française 2017.

Quand on a plus de cancers de prostate, c'est ici.

L'âge des cancers de prostate, c'est ici.

Vous voyez qu'à 40 ans, c'est un tiers.

À 50 ans, c'est la moitié.

Et à 60 ans, vous êtes à deux tiers pratiquement.

Donc, vous voyez, on a de plus en plus.

Et souvent, il y a plusieurs morbidités.

Il n'y en a pas une.

Donc, ça devient très important parce que la multimorbidité devient la norme après 50 ans.

Les médecins généralistes le savent puisque c'est leur quotidien.

Quand ils nous disent toujours en consultation, ils traitent trois ou quatre problèmes en même temps.

Les spécialistes, eux, ont tendance à être monothématiques.

Et là, on oublie d'aborder cet aspect clinique extrêmement important.

Donc, prévenir et réduire le fardeau de morbidité, c'est ce qu'on appelle le global burden disease.

Maintenant, c'est une priorité mondiale.

Et pour montrer un exemple, encore un autre exemple, regardez,

quand on regarde un petit peu la cause de mortalité chez les survivants du cancer

et les populations qui n'ont pas de cancer,

en raison de problèmes cardiovasculaires,

vous n'avez pas de cancer et vous n'avez pas de maladie cardiovasculaire.

Vous avez une bonne espérance de vie.

Si vous avez un cancer qui a été traité, bien sûr, vous suivez sans maladie cardiovasculaire.

Si vous n'avez pas de cancer, mais une maladie cardiovasculaire,

donc vous voyez là, il y a un différentiel.

Et si vous avez les deux, vous avez votre espérance de vie qui est très importante.

Et vous avez un risque important de mortalité prématurée.

Donc là, on est dans la médecine dure.

Mais on a également de la médecine douce et de confort,

puisque tout ça va entraîner une gêne au niveau symptomatique et au niveau des séquelles.

Donc, vous voyez, on retrouve dans cette prise en charge globale, guérir et réduire un petit peu.

Pour ça, vous le savez maintenant.

On le sait, je vous signale que ça date depuis maintenant,

ça fait 20 ans qu'on sait qu'une insuffisance érectile chez un homme de moins de 70 ans,

il a un risque majeur d'avoir des problèmes cardiovasculaires.

D'autant plus qu'il est diabétique.

On ne le fait toujours pas.

Les cardiologues et les endocrinologues ne font pas du dépistage symptomatique

alors qu'ils ont des terrains à très haut risque.

Donc, c'est un signe non pas sentinelle, comme on l'a dit.

Moi, j'appelais ça l'angore de verge parce que c'est vraiment un signe d'alarme et d'alerte.

D'accord, donc ça va.

Et plus l'insuffisance érectile est sévère et plus elle est longue et plus le danger est élevé.

Pourquoi ? D'ailleurs, c'est assez simple.

C'est parce qu'en fait, les corps érectiles, le pénis, c'est comme le clitoris.

En fait, c'est un organe vasculaire ultra spécialisé.

Ça a exactement la même origine embryologique que tout le système vasculaire.

Donc, il est logique que tous les facteurs de risque cardiovasculaire entraînent les mêmes problèmes.

Et comme ils ont une dynamique qui est très particulière, ça fait que ce sont des signes d'alarme.

C'est-à-dire l'insuffisance érectile chez l'homme avant 70 ans

et chez la femme, c'est le trouble de la lubrification.

Chez la femme non-ménopausée, chez la femme malheureusement.

Elle a le problème de la ménopause qui vient perturber un petit peu la clinique.

Deuxième chose, on a vu les troubles de l'excitation.

Maintenant, on a le trouble, la dépression et la détresse.

Alors là, je vous montre aussi, on est dans la médecine dure.

On est bien d'accord.

C'est le référentiel du journal de la Société américaine d'oncologie qui dit

il est recommandé que tous les patients avec cancer soient périodiquement évalués tous les six mois

à la recherche de symptômes et de dépression et d'anxiété.

Et il faut rappeler, ça c'est de la clinique de base, que la baisse du désir.

Hommes et femmes avant 70 ans, que l'insuffisance érectile prématurée chez l'homme avant 70 ans

et probablement l'insuffisance de lubrification prématurée pré-ménopausique

sont des symptômes cliniques sexuels.

Bon marqueur de syndrome anxio-dépressif et en plus, très bon marché.

Il suffit de poser la question.

Pourquoi s'en priver ?

Toujours dans ce contexte de cancer de prostate, n'oubliez pas que 20% des patients

qui ont un cancer de prostate ont un syndrome dépressif significatif.

Et vous voyez, plus le cancer est à haut risque et il y a un risque plus important d'avoir une dépression.

Et quand on a une dépression, et bien la dépression est un facteur péjoratif

et aggravant pour le cancer lui-même.

Donc vous voyez, on fait de la prévention secondaire et tertiaire.

Alors pourquoi ?

Finalement, regardez ça, c'est toujours dans le journal d'éducation de la Société américaine d'oncologie.

Il rappelle qu'avoir une détresse, ce n'est pas du tout anodin.

Que la détresse psychosociale, mentale, sociale, émotionnelle, spirituelle,

elle entraîne une diminution de la qualité de vie.

Ça, on le sait bien.

Elle entraîne une diminution de la fonction cognitive sans on le sait moins bien,

une dysrégulation du système immunitaire, une mauvaise adhésion thérapeutique,

un retard au traitement et une augmentation de mortalité.

Donc on retrouve tout ce dont on parle depuis tout à l'heure.

Il n'y a aucune raison que la détresse liée à des problèmes de vie intime et de sexualité

n'entraîne pas les mêmes problèmes.

Alors, dans le référentiel, toujours préservation de la santé sexuelle de 2021,

que nous dit l'évidence-base médecine, il est recommandé d'intégrer la santé sexuelle

et la vie intime comme soins de support dans la médecine de la personne et de parcours,

dans un but individuel de prévention secondaire,

c'est-à-dire améliorer le traitement du cancer et des fréquentes comorbidités

et tertiaire améliorer la qualité de vie.

Je ne veux plus entendre dire qu'on est dans le soin de confort,

ce n'est pas important, c'est secondaire.

Non, c'est un des traitements du cancer et c'est aussi important de s'occuper de ça

comme des problèmes psycho-oncologiques, comme des problèmes d'actifs de sédentarité,

de nutrition, etc.

Ça fait partie intégrante du traitement et les soins de support sont obligatoires.

Donc il faut vraiment qu'on change de raisonnement.

On va y arriver, mais encore faut-il y arriver.

Et deuxièmement, en plus, surcroît, il faut corriger,

parce que dans ce domaine de la santé sexuelle, vous le savez très bien,

il y a de très fortes inégalités et iniquités de santé.

Et donc, dans un objectif de santé publique, il faut s'en emparer.

Il faut donc évaluer de façon plus approfondie la santé mentale et somatique,

notamment cardiométabolique et hormonale, et les comportements de santé,

en cas d'altération de la capacité érectile de l'homme de moins de 70 ans

et/ou du désir sexuel, d'autant plus qu'elle est sévère.

Et c'est une recommandation de niveau A.

Donc j'insiste à nouveau, on n'est pas dans la médecine de confort.

Je fais de la médecine dure, puisque je suis en train de vous parler de mortalité.

Alors pourquoi ? Parce que finalement, ce qui est nouveau,

c'est que l'évaluer la santé sexuelle et la vie intime,

ça permet de faire un dépistage opportuniste de difficultés méconnues,

non déclarées, masquées ou sous-estimées.

Tout à l'heure, je l'ai dit, quand on a des troubles de la santé sexuelle

ou des troubles identitaires liés, on ne le voit pas.

Donc si on ne pose pas la question, on ne peut pas le savoir.

Si vous avez une fatigue, on ne peut pas le savoir.

Si vous ne posez pas la question, bien évidemment,

il y a des effets indésirables de la santé sexuelle,

mais aussi des troubles diatrogènes et effets indésirables non sexuels.

Je vous rappelle que les principaux troubles

que rapportent les patients qui ont un cancer, tout cancer confondu,

ce sont la dépression, la fatigue, les troubles du sommeil,

des troubles urinaires, etc.

D'où l'importance de réduire et de prévenir

le fardeau symptomatique fonctionnel non sexuel.

On se retrouve encore dans ces objectifs,

dans l'axe 2 de la stratégie décennale du cancer.

C'est aussi un marqueur de la littératie et des compétences psychosociales,

c'est-à-dire de l'image, la confiance, l'estime de soi,

conjugopathie, problème de travail, problème financier,

de comportement de santé inadapté,

donc mauvaise adhésion thérapeutique qui est extrêmement fréquente,

d'une hygiène et d'un mode de vie qui sont fréquents,

d'addiction, comme le tabac par exemple,

du sommeil, mauvaise qualité du sommeil,

fréquente notamment en cas de cancer de prostate,

mais aussi de santé non sexuelle, somatique ou mentale,

comme on vient d'insister dessus.

C'est d'autant plus important que ces troubles

ne sont pas isolés, mais en règle,

ils sont souvent intriqués, interdépendants et synergiques.

Donc deux points clés à retenir,

l'étape clinique est fondamentale avec l'interrogatoire

et n'oubliez pas le concept maladie-symptôme,

donc l'insuffisance érectile et la baisse du désir

peuvent être des marqueurs majeurs de troubles cardiométaboliques,

d'hypogonadisme et de troubles de l'humeur.

Et bien sûr, il faut rechercher les déterminants modifiables,

ce sont des recommandations de bonne pratique

pour la prévention tertiaire, mais aussi secondaire,

c'est-à-dire qu'on va améliorer le traitement du cancer.

Alors, pourquoi ?

Regardez, il y a une chose qui est assez simple,

qu'on oublie actuellement, c'est qu'en fait,

quand vous faites de l'activité physique adaptée

en cas de cancer de prostate,

et bien finalement, vous diminuez la mortalité globale

et la mortalité spécifique.

Si vous avez une adaptation de type régime de type méternien,

vous diminuez de 22% la mortalité globale.

Donc, il n'y a pas que la chirurgie,

il n'y a pas que la radiothérapie, la curie-thérapie,

il n'y a pas que l'hormonothérapie, voyez,

il y a des traitements qui sont des traitements

non pas alternatifs, mais complémentaires,

mais à la différence des poudres de perlimpinpin

ou de tout ce qu'on peut vous proposer,

là, ce sont des traitements alternatifs qui sont prouvés.

Donc, ce qui est important,

est-ce que c'est un traitement alternatif qui est prouvé ?

Les patients sont extrêmement demandeurs de ce type de traitement,

c'est-à-dire d'éviter les médicaments.

Vous le savez, vous en rencontrez tous les jours

et ils dépensent des fortunes, des milliards dans ces produits.

Vous voyez, c'est très important qu'on remette

de l'évidence-base médecine, des preuves

et qu'on ait cette prise en charge globale, holistique

et qu'on ne se contente pas de faire de la chirurgie,

de la radiothérapie sans insister.

Donc, c'est une approche type médecine générale

et type soins de support en pratique, soyons clairs,

et sexologique, bien évidemment.

Donc, pour moi, le challenge, vraiment actuellement,

le défi, c'est de faire de l'activité intime adaptée.

Vous voyez, si on dit activité sexuelle adaptée,

ce n'est pas au niveau sémantique, ça ne colle pas.

Donc, c'est une nouvelle réponse, un nouveau soin de support

avec probablement les mêmes bénéfices que l'activité physique adaptée.

Alors, on arrive à la fin.

Préserver la fonction sexuelle, est-ce que c'est une réalité en 2023 ?

Eh bien, je vous réponds oui, parce que vous le savez

qu'on peut déjà faire des préservations des nerfs érecteurs.

C'est comme si vous peliez une pomme.

Donc, on peut y arriver et c'est vrai que les progrès technologiques

avec le robot entraînent une amélioration,

mais un bon chirurgien a de bons résultats également.

On a des protocoles de réhabilitation érectile

et ça, ça a été, dans le cancer de prostate,

on a été les premiers.

Alors, c'est discuté, mais c'est des traitements qui sont efficaces.

Pourquoi ? Parce que n'oublions pas qu'il faut

entretenir la capacité érectile et c'est le rôle

des érections nocturnes qui n'ont aucune visée érotique ou sexuelle.

Mais par contre, il faut leur jogging.

Ça fait le jogging, ça s'entraîne la nuit

et donc ça permet aux muscles érectiles de s'oxygéner

et de s'entretenir. C'est très important.

Donc, si vous n'avez plus du tout d'érection

après une prostatectomie radicale, ça ne sert à rien

de lui donner des inhibiteurs de la PDE5.

Il faut d'emblée passer par des injections

puisque la clé de démarrage ne marche pas.

Et vous avez les traitements focaux

qui sont en train de se développer de plus en plus

avec des résultats de plus en plus intéressants.

Probablement, ça c'est une opinion personnelle,

mais je pense, et ça fait longtemps que je le pense,

ça va devenir un des traitements majeurs

puisqu'ils sont des traitements qu'on pourra bientôt faire en ambulatoire,

qu'on peut faire en ambulatoire déjà.

Et puis, bien sûr, la surveillance active ou non 35%.

Vous avez vu les résultats des trois cohortes anglaises

qui sont sorties, enfin britanniques,

qui montrent qu'il n'y a pas de différence en termes de survie.

On est bien d'accord pour les cancers de bon pronostic

et les cancers de risque intermédiaire.

Le cancer de AORI, c'est un autre problème,

mais heureusement, c'est une minorité de patients.

Alors, quand vous voyez ces affiches,

ça c'était une affiche qui était au Canada.

Est-ce qu'avec le robot d'Avinci, le robot,

est-ce que c'est merveilleux que tout se fasse bien ?

Eh bien, en fait, non, ce n'est pas tout à fait la vérité.

Là, oui, c'est une étude qui est sortie, que j'ai mis,

qui est sortie tout récemment, en 2023,

qui est faite par un groupe d'urologues et de centres,

en fait, qui fait une prostatectomie radicale,

mais qui va après faire une étude per opératoire

pour regarder au microscope si vraiment les marches sont saines ou non.

Et donc, ils font soit une unilatérale, soit une bilatérale.

Vous voyez les patients qui rapportent un bon score

pour la dysfonction érectile après la prostatectomie radicale,

vous voyez que finalement,

si on ne fait pas de préservation des nerfs érecteurs,

les résultats ne sont tout de même pas terribles.

Mais si on fait une préservation unilatérale ou bilatérale,

alors que là, on est dans des centres experts,

des centres référents par des chirurgiens qui ne font que ça,

ça montre bien la réalité.

D'autant plus que souvent, il y a déjà,

compte tenu de l'âge des patients et des comorbidités,

il y a déjà des difficultés au niveau de la capacité érectile.

Et quand on regarde un petit peu au niveau qualitatif,

vous voyez, je veux dire, donc là, vous avez des patients,

par exemple, qui en avaient 100% qui avaient une érection

qui était rigide avant la chirurgie.

Vous voyez qu'après, à six mois et à deux ans,

ce n'est pas tout de même terrible.

Et l'activité sexuelle, elle s'améliore, elle est mieux.

Mais il n'y a pas que,

nous n'oublions pas que la sexualité qui est performante et pénétrative,

il faut le rappeler aux patients.

Il y en a des traitements, bien évidemment,

des traitements qui nous permettent d'avoir une récupération

d'une capacité érectile et d'une vie sexuelle intime qui est performante.

Alors, vous voyez, quels sont les changements de paradigme ?

Vous voyez qu'on a une approche qui est plus positive de la santé sexuelle,

que la santé sexuelle et son corollaire, la vie intime et sexuelle,

sont des marqueurs validés de santé non sexuelle des comportements de santé.

La qualité de vie et du bien-être, ça fait partie des droits sexuels et au plaisir.

L'activité intime adaptée, c'est un nouveau concept

qui est dérivé des soins de support.

Et pourquoi il faut s'en occuper ?

Pour une raison médicale fondamentale,

perte de chance non acceptable en termes de qualité de vie,

prévention tertiaire et quaternaire, vous l'avez bien compris,

et durée de vie.

Vous voyez, c'est la morbid mortalité compétitive et l'adhésion thérapeutique.

Donc, c'est la prévention secondaire du cancer

et primaire des accidents cardiovasculaires.

Je vous remercie et je vous invite à venir au GF3S à Lille.

Merci à vous.

Merci beaucoup, Pierre.

Merci beaucoup pour cette présentation.

Écoute, on est dans les temps, on est dans les temps.

Les gens sont venus en nombre encore pour t'écouter.

Et puis, du coup, ça donne des belles perspectives quand même.

C'est vrai qu'il y a encore plein de choses à faire,

mais je vois aussi, moi, dans le cabinet,

alors je pense que c'est peut-être aussi parce que t'as bien,

t'as fait pas mal d'informations dans la région,

mais c'est vrai qu'il y a des urologues,

quand ils opèrent des cancers jeunes,

et surtout les radiothérapeutes aussi d'ailleurs,

ils m'envoient des patients qui ont des cancers de la prostate assez facilement.

Alors, je me dis que c'est peut-être parce que ça commence effectivement à faire son effet.

Absolument, il y a tout de même, je veux dire,

on voit que les chiffres sont tout de même, restent globalement pas bons,

mais le problème actuel, c'est que vraiment,

les centres, la réponse soignante,

elle est très individue, soignant-dépendante ou centre-dépendant.

C'est-à-dire que si vous avez la chance de tomber sur un professionnel

qui est sensibilisé, il va soit vous prendre en charge,

soit vous orienter facilement,

mais il y a malheureusement des régions où c'est débrouille-toi comme tu peux.

Et donc nous, c'est ce qu'on est en train de faire au niveau de l'Afsos,

au niveau de l'AYUS et de la NAMACA pour donner des réponses,

soit déjà par ce qu'on est en train de faire avec les régions de cancérologie,

avec des plateformes dans les centres de soins de support.

Et vraiment, le motif, c'est structurer les soins de support

parce que c'est un ensemble.

Il faut s'approprier une mentalité et un raisonnement de soins de support

parce qu'il y a la santé sexuelle,

mais il y a également la préservation de la fertilité,

il y a également la souffrance psychologique,

l'activité physique adaptée, aussi pour les proches,

les problèmes de la douleur, le problème des soins palliatifs.

Donc tout ça, ce raisonnement, on doit l'avoir pour la santé sexuelle

au même titre que les autres soins de support.

C'est ce raisonnement, mais c'est en train de bouger doucement,

mais lentement, mais on devrait y arriver.

Et en plus, tout le monde doit mettre la main à la pâte

parce que je rappelle que dans les sachons aux experts en santé sexuelle,

il y en a à peu près 10 000 en France.

Donc vous voyez, rien que pour le cancer de prostate, on n'y arrive même pas.

Après, il y a tous les autres cancers, il y a toutes les autres maladies,

il y a tous les handicaps, toutes les situations chez les jeunes,

chez les personnes âgées.

Donc vous voyez, ça fait des millions de personnes.

Tout le monde doit aider et rendre parce que les patients sont demandeurs

et souvent en souffrance.

Oui, parce que c'est vrai que, par exemple, si on prend l'exemple

du cancer de la prostate, comme le patient, il va voir le chirurgien,

l'urologue, son généraliste.

Il va être suivi par le radiothérapeute.

Des fois, il va être suivi par le cliné souvent.

Et si chacun se dit bon, peut-être que l'autre a posé la question,

on se retrouve dans des situations où personne n'a posé la question.

Alors que si tout le monde prend le temps de dire au fait la sexualité,

des fois, le patient dira oui, oui, c'est bon, on me l'a déjà demandé

cinq fois.

Ok, c'est noté, coché, c'est demandé, mais tout le monde demande

plutôt que personne ne demande au final.

C'est pour ça qu'il faut faire.

Et là, par exemple, il y a ONCOPACA, la région Provence-Côte d'Azur,

qui a mis en point, et j'espère que ça va se diffuser,

des outils de repérage en soins de support.

Donc, ça permet de voir, bien sûr, la santé sexuelle,

mais aussi les problèmes de fertilité, problèmes de douleur,

problèmes de nutrition, problèmes de sédentarité, etc.

Donc, d'avoir cette approche soins de support.

Tu m'entends souvent en parler, un exemple tout à fait.

Et d'autant plus que les soins de support, c'est une vision transversale,

transdisciplinaire et pluridisciplinaire.

Que ce soit exactement comme la sexologie, d'ailleurs,

ou la médecine générale, par exemple.

Donc, il faut qu'on sorte de ce fonctionnement en silo

qui actuellement est péjoratif,

puisqu'il faut raisonner en termes de parcours actuellement.

Donc, on doit se mettre, c'est le patient qui est au centre du parcours.

Et nous, on doit se coordonner, les professionnels de santé,

pour répondre, pour identifier et répondre de façon adaptée

aux besoins des patients.

Très bien. Bon, on va libérer nos auditeurs.

Et puis, de toute façon, on parlera de tout ça au JF3S,

c'est-à-dire demain.

Donc, c'est encore une grosse semaine,

la semaine de la promotion de la santé sexuelle, avec le sommet.

Et puis, à partir de demain, on se retrouve au JF3S

pour partager, pour échanger, pour les 40 ans de l'AIUS,

pour l'élection du nouveau conseil d'administration,

pour plein de choses. Une semaine bien chargée.

Effectivement.

Allez, bonne soirée.

Merci et bonne soirée à tous. Au revoir.