Bonjour Anne-Cécile, ça fait plaisir de te voir.
Bonjour Arnaud.
Merci beaucoup déjà du temps que tu as passé pour faire cette présentation et de
ton temps pour cette intervention pour le sommet de la santé sexuelle.
Je remercie aussi toutes les personnes, tous les participants, vous êtes très nombreux
à être inscrits au sommet de la santé sexuelle, donc ça fait plaisir de voir à quel point
la santé sexuelle, c'est quelque chose qui intéresse les soignants, les professionnels
de l'éducation, les professionnels du médico-social.
Et donc là, nous avons l'honneur d'accueillir Anne-Cécile Gutier, qui est sage-femme sexologue
libérale à Goncelin, en Isère, et elle va nous parler du diagnostic et de la prise
en charge d'une dysfonction sexuelle féminine qui est encore assez peu connue des professionnels
de santé, mais c'est quelque chose qu'on connaît bien en tant que sexologue et qui
est fréquent aussi, et donc qui est le vaginisme.
Merci Arnaud pour cette présentation et puis merci de m'avoir invité à participer à
cette deuxième édition du sommet de la santé sexuelle.
Donc le vaginisme, effectivement, comme tu te rappelais, est une pathologie non négligeable
chez les patientes françaises, mais dans le monde, et on peut vite mettre toutes les
douleurs vulvaires ou vaginales sous le terme vaginisme, or de bien le définir va permettre
aussi d'être pertinent sur sa prise en charge et surtout sur la résolution de cette problématique
pour les patientes vers un mieux-être.
Donc dans un premier temps, on va définir ce qu'est le vaginisme et comment il se caractérise,
et ensuite on verra avec quoi il ne faut pas le confondre, notamment par les diagnostics
différentiels, et enfin je vous parlerai d'un cas clinique et des techniques qu'on
peut utiliser pour accompagner les femmes souffrant de vaginisme.
Donc qu'est-ce qu'est ce vaginisme ? De quoi on parle ? Et bien on parle d'une contraction
réflexe des muscles du périnée, spécifiquement des releveurs de l'anus, qui en se contractant
vont venir fermer la cavité qu'on peut considérer comme une cavité virtuelle qu'est le vagin.
Alors ce réflexe n'est absolument pas, comme le dit le mot, contrôlé par la patiente.
Souvent on peut avoir tendance à leur dire « détendez-vous », si elle pouvait se détendre
je pense qu'elle le ferait, c'est vraiment quelque chose qui est involontaire.
S'y associe une notion de peur, voire même d'angoisse vis-à-vis de cette pénétration,
il n'y a pas forcément de douleur, on la retrouve bien évidemment, mais en fait,
comme le disait Montaigne, qui craint de souffrir souffre déjà de ce qu'il craint.
On retrouve de ce fait une grande détresse et une grande souffrance des patientes et des couples, bien évidemment.
Alors ce vaginisme, il peut être primaire, ce qui est le plus souvent le cas,
c'est-à-dire que les patientes n'ont jamais eu de rapport sexuel confortable,
n'ont jamais pu avoir de pénétration confortable.
Ensuite on peut avoir un vaginisme secondaire, c'est-à-dire qu'il y a eu déjà des pénétrations,
qu'elles ont pu être confortables et qu'à un moment ou un autre de leur vie,
leur sexualité et notamment la pénétration est devenue impossible, voire douloureuse.
On verra qu'il faudra bien faire attention à notre diagnostic pour ne pas être sur d'autres pathologies.
Ce vaginisme peut être total ou partiel.
Total, les femmes disent simplement ça ne rentre pas, ça c'est quelque chose d'assez simple comme repère.
Il faut aussi faire attention parce que certaines disent si c'est possible, un petit peu en fait,
quand on le dit partiel, c'est-à-dire que la verge peut tout à fait pénétrer l'entrée de la vulve,
mais le vaginisme, comme on va le voir un petit peu plus loin,
est lié à la contracture réflexe involontaire des releveurs de l'anus
qui se trouve un tout petit peu plus haut que l'entrée du vagin et donc ça peut nous induire en erreur.
Ensuite, il peut être global ou situationnel, c'est-à-dire qu'aucune pénétration n'est possible,
voire envisageable, contrairement au vaginisme situationnel,
où pour le coup les patientes peuvent tout à fait utiliser un tampon,
introduire un de leurs doigts, voire un de leurs partenaires,
mais la pénétration par le sexe de leur partenaire est complètement impossible.
C'est aussi envisageable qu'elles puissent elles pratiquer une pénétration,
mais que le doigt de leur partenaire ce ne soit pas possible, ou encore une fois son sexe.
Les partenaires, aussi bien l'homme que la femme, peuvent décrire comme un mur,
une impossibilité de passage, un sentiment d'étroitesse, de sexe trop gros,
tout ce qui peut empêcher complètement ce rapport pénétrant.
Dans le vaginisme a été décrit plusieurs stades qui vont de 1 à 5,
d'un examen des organes génitaux possible, à un refus catégorique avec une impossibilité physique,
voire même des malaises vagaux.
Donc dans le premier stade on a ce spasme, cette contraction involontaire des releveurs de l'anus,
qui si on met la patiente dans des bonnes conditions, si on lui explique,
si on la rassure, si on la met en confiance, et bien on va pouvoir au moins aller inspecter la vulve,
et peut-être même regarder l'entrée du vagin.
Dans le grade 2, pour le coup, ce spasme, cette contracture des releveurs de l'anus va persister,
malgré tout le contexte qu'on peut y mettre, malgré des respirations, malgré des explications.
Le grade 3, quant à lui, s'accompagne de la contracture des fessiers et donc rend encore plus compliqué l'examen ou l'inspection.
Le grade 4 correspond à une attitude avec cette contracture des fessiers en plus,
les cuisses qui vont se resserrer, voire se remonter en position de défense,
on va avoir le dos qui se cambre, et enfin, le grade 5, des malaises vagaux peuvent survenir en plus,
c'est vraiment une peur panique.
Alors, on retrouve du vaginisme pour 5 à 17% des femmes en âge de procréer.
Ça représente 25% des dysfonctions sexuelles et 20% des femmes atteintes de vaginisme seulement consultent.
Ce qui est important de revenir, c'est que le vaginisme primaire est vraiment le plus fréquent,
et par contre, il faut absolument revenir sur cette croyance qu'il est souvent associé à des violences sexuelles.
En fait, aucune corrélation n'a été rapportée entre vaginisme et violences sexuelles,
il n'y en a pas plus que dans la population générale,
et ça c'est très important parce que pour nos patientes,
souvent c'est aussi ce qu'elles peuvent avoir en tête alors qu'ils ne s'est absolument rien passé,
donc ça peut être très déstabilisant si nous on leur véhicule également ce message.
Alors les muscles du périnée, parce que c'est d'eux qu'on parle,
bien souvent sont mal connus par nos patientes,
donc ça va être important de leur expliquer ce qu'est leur périnée.
C'est un ensemble de muscles qui s'étend du pubis au coccyx, d'un ischion à l'autre,
et ils vont avoir plusieurs fonctions dans le bassin.
On peut considérer que c'est un petit peu comme des hamacs ou des trampolines au fond du bassin
qui vont assurer la continence, qui vont permettre une sexualité,
l'orientation de la présentation fétale au moment de la naissance,
et bien sûr de soutenir les organes génitaux, les organes qui sont présents dans le petit bassin.
Alors ce périnée, moi souvent j'utilise un bassin tout simplement,
que je vous en parlerai tout à l'heure,
que je fais repérer aussi aux femmes, de façon à ce qu'elles comprennent un petit peu où il s'étend.
Et donc le périnée peut être considéré comme un hamac ou des trampolines
qui vient fermer le fond du bassin.
Il présente des caractéristiques très intéressantes de tonicité, de puissance, mais aussi de souplesse.
Et ce muscle du périnée, cet ensemble de muscles, va travailler en synergie
avec les abdominaux, le diaphragme, les adducteurs et les fessiers.
Ce sont aussi des muscles de posture.
Et donc ce qu'elles découvrent aussi souvent quand on leur parle de leur périnée,
c'est que les femmes ont un périnée, mais les hommes aussi.
Et ce n'est pas juste la toute petite zone qui s'étend entre la zone basse de l'entrée du vagin et l'anus,
mais une zone qui est bien plus large.
Donc là je vous mets des planches anatomiques qui peuvent servir pour que les patients puissent
vous localiser leurs difficultés et vous expliquer.
Et puis aussi pour que vous puissiez reformuler et leur demander exactement ce qui se passe.
Vous pouvez aussi expliquer, et ça c'est une grande source de réconfort pour les patientes,
grâce à ces schémas, ce qui se passe pour elles.
Donc là on retrouve effectivement la vulve et c'est toujours intéressant de reprendre l'anatomie
parce que ce sont souvent des patientes qui en ont besoin,
parce que malheureusement, comme beaucoup de femmes encore, elles ne connaissent pas leur anatomie.
Et puis on peut reprendre aussi la musculature et reparler de l'ensemble de ces muscles du périnée,
mais surtout de ses releveurs qui sont des muscles un petit peu moins superficiels
et qui vont être la problématique.
Donc là, sur cette première diapositive, nous étions sur des muscles du périnée anatomiques détendus
ou dans une tonicité souple.
Et ici on retrouve ce qui se passe au moment de cette pénétration qui est rendue impossible
et cette contraction involontaire des muscles des releveurs de l'anus.
Donc on va avoir effectivement cette fermeture de la zone de l'entrée vaginale,
mais liée à la contracture des releveurs qui sont ici,
et pas des muscles ici superficiels qui correspondent aux bulbes spongieux et aux transverses.
Ici de profil, ça aussi ce sont des planches qui sont intéressantes à utiliser avec les patientes.
On retrouve figurée ici la contracture ou la contraction de ces releveurs de l'anus.
Ça leur permet de visualiser et ça leur permet aussi de comprendre
que parfois il peut y avoir le gland qui peut pénétrer juste l'entrée de la vulve,
mais pas la pénétration vaginale.
Alors, pour pouvoir diagnostiquer un vaginisme,
il faut bien évidemment éliminer d'autres diagnostics qui peuvent être confondus
ou bien souvent regroupés sous le mot vaginisme,
alors qu'il ne s'agit absolument pas de vaginisme.
On va retrouver les dyspareunies qui sont les douleurs au rapport sexuel,
mais la pénétration est possible et il y a simplement des douleurs qui apparaissent.
Donc des douleurs par contre, des dyspareunies, des douleurs au rapport sexuel
peuvent tout à fait entraîner un vaginisme.
On va aussi, donc dans ces dyspareunies, comme raison de dyspareunie,
on peut avoir des cicatrices, de l'endométriose, il peut y avoir plusieurs raisons,
mais souvent ce vaginisme va être secondaire à des dyspareunies.
On va aussi avoir comme diagnostic différentiel des vulvodynies ou des vestibulodynies.
On va parler de vulvodynie quand on a une douleur au niveau de la vulve,
de l'intégralité de la vulve, ou une vestibulodynie quand on a des douleurs
sur des points très précis à l'entrée du vestibule.
Comment faire ces diagnostics différentiels ?
En général, la pénétration va être douloureuse,
mais il n'y aura pas de douleur de présence, dans certains cas en tout cas.
Et surtout, on va utiliser un coton-tige qui va nous permettre,
après avoir testé sur la cuisse de la dame en lui ayant fait sentir
la sensation de la pression avec ce coton-tige,
on va se rapprocher tranquillement, aller tester dans le sillon interlabial,
aller tester au niveau de la zone clitoridienne par des petites touches
pour voir où est le point douloureux.
C'est souvent un point très défini, et pour le coup,
on n'est pas sur un vaginisme, mais sur une vestibulodynie ou sur une vulvodynie.
Celle-ci peut secondairement entraîner un vaginisme.
Et puis on va aussi très vite avoir besoin d'éliminer toutes les anomalies anatomiques,
et ça, ça peut tout à fait se faire par un examen clinique simple.
Donc on reprend que ce vaginisme peut être secondaire à l'un de ces troubles,
vestibulodynie, vulvodynie, dyspareunie.
Donc il faudra faire une anamnèse complète et un examen clinique,
en tout cas une proposition de cet examen clinique,
pour pouvoir bien poser ce diagnostic et proposer le bon axe thérapeutique.
Savoir vers quel traitement on s'oriente,
et surtout pour pouvoir expliquer à la dame un petit peu le mécanisme de sa problématique.
L'orientation vers un professionnel formé, effectivement, peut être un plus,
de façon à avoir un succès thérapeutique et éviter les errances,
parce que bien souvent, les femmes déjà n'osent pas forcément en parler,
et en plus, on ne pose pas forcément la bonne pathologie,
et du coup, la prise en charge ne va pas être identique.
En pratique, le délai entre l'apparition des douleurs et la formulation de la plainte
est parfois long, si le soignant ne questionne pas,
et donc ça, je crois qu'Arnaud vous a fait une présentation sur le sujet,
sur comment aborder la sexualité avec nos patients.
Et donc, c'est souvent une question qu'on ne pose malheureusement pas dans nos cabinets,
et si cette sexualité est interrogée, on s'aperçoit que les patients peuvent se confier,
et du coup, qu'on peut leur apporter des propositions d'accompagnement.
Quand ces patientes décident de se confier à nous,
c'est souvent qu'il y a un désir de grossesse associé.
Ça peut aussi, à un moment donné, poser problématique dans leur couple,
et elles ont peur d'être quittées, et du coup, elles se disent qu'il faut trouver une solution.
Ça peut être aussi pour un confort plus personnel, tout à fait,
le souhait que ces douleurs s'arrêtent, et puis d'être comme tout le monde,
d'avoir enfin une vie sexuelle épanouie,
et de pouvoir profiter de cette pénétration dont toutes les copines parlent.
Donc, dans un premier temps, l'examen clinique des organes génitaux,
s'il est possible, si la patiente accepte, est tout à fait normal.
Surtout, surtout, surtout, on n'utilise pas de spéculum,
et le toucher vaginal n'est absolument pas obligatoire.
De toute façon, on aura dans tout intérêt à créer une alliance thérapeutique
avec notre patiente, et à bien lui expliquer qu'on ne lui fera pas mal,
et donc, dès qu'on la touche, si elle exprime une douleur,
lui dire qu'on arrête bien évidemment.
Donc, une inspection peut tout à fait suffire pour résoudre les problèmes superficiels
qui pourraient survenir, mais qui, encore une fois, sont extrêmement rares.
Attention aussi de ne pas se hâter à poser un diagnostic de vaginisme,
parce que pour le coup, si ce n'est pas un vaginisme,
on va l'enfermer dans quelque chose qui n'est pas réel,
et sur une thérapeutique qui ne va pas être favorable,
puisqu'on ne sera pas sur le bon diagnostic.
Donc, en pratique, on a une impossibilité de pénétration
qui peut être associée à une fermeture des cuisses,
une contracture des fessiers, une augmentation du tonus global,
une respiration qui peut être bloquée.
La patiente décrit vraiment un principe de fermeture au moment de cette pénétration.
Voire même, des fois, simplement à l'idée d'envisager cette pénétration.
Il y a vraiment une peur qui est présente.
C'est un réflexe qui est vraiment provoqué par toute tentative de pénétration
et juste un contact vulvaire où l'idée peut entraîner ce réflexe.
En général, la contracture des releveurs est indolore.
C'est l'essai de pénétration qui est douloureux.
Elles ne se rendent pas compte que ce muscle est contracté.
Pas toujours en tout cas.
Et puis, on va avoir une angoisse, une phobie
qui vont entraîner des comportements d'évitement
et du coup, des troubles relationnels éventuellement dans le couple
parce qu'elles ont tellement peur de cette pénétration
qu'elles ne vont surtout pas aller chercher une intimité physique avec leur partenaire.
Donc ça, c'est pour une partie d'entre elles.
Et pour une autre partie, par contre,
elles vont développer tout un tas d'autres jeux érotiques
et donc avoir une sexualité épanouie.
Mais il va leur manquer cette pratique-là
qui à un moment va nécessiter une prise en charge
parce qu'elles vont souhaiter pouvoir y accéder.
On retrouve souvent ces patientes-là avec un désir de grossesse.
Elles ont une pratique qui est plutôt satisfaisante
et il y a un désir de grossesse qui va motiver leur consultation.
Donc on va définir les modalités d'apparition
pour voir qu'il n'y ait pas une autre pathologie,
donc primaire ou secondaire.
La durée d'évolution de ces symptômes depuis plus ou moins,
depuis six mois selon le DSM-5.
Progressive ou brutale.
Et puis le contexte de ces douleurs,
de ces difficultés de pénétration
pour voir si c'est permanent ou si c'est situationnel.
Donc avec tous les partenaires dans toutes les situations,
les positions, quelles que soient les pénétrations.
Et puis on va dégager deux types de personnalités
très entre guillemets,
celles qui vont être plutôt un petit peu phobiques
avec des peurs très précises qui vont savoir vous définir,
qui vont être très claires vis-à-vis de la pénétration.
Et puis plutôt des personnalités un peu de type angoisse
où les explications vont être un peu plus floues,
elles vont être un peu plus évasives.
Elles en ont envie cette pénétration,
mais elles n'osent pas, c'est un petit peu ça.
Donc on revient sur le fait que les causes organiques et iatrogènes
sont à éliminer le plus vite possible.
Elles ne sont pas si fréquentes du tout.
Les causes les plus fréquentes sont quand même les causes socioculturelles,
les éducations rigides, les croyances et les peurs,
les religions qui peuvent aussi entraîner un manque de connaissances,
un manque d'exploration de leur zone génitale,
les jugements.
Voilà, on est vraiment dans des causes plutôt socioculturelles.
Et puis les causes psychosexuelles, comme on l'a dit tout au début,
les agressions, les gestes médicaux invasifs qui ont pu surprendre, etc.
C'est plutôt très, très rare que ça entraîne des vaginismes.
Alors notre objectif, ça va être de déconstruire ce cercle de la douleur
et ce cercle de peur, en fait,
puisqu'on a dit que la douleur venait surtout des tentatives de pénétration,
que sinon il n'y a pas de douleur au quotidien.
Ce n'est pas du tout quelque chose qu'elles décrivent.
Donc elles ont peur de cette pénétration.
Du coup, il y a une contracture réflexe
qui va entraîner cette fermeture du vagin
au moment de la tentative de pénétration,
ce qui va entraîner une douleur,
ce qui va incrémenter au niveau du cerveau.
Pénétration égale douleur.
Et donc forcément, on a très, très peur de recommencer
parce que la fois précédente, on a eu mal.
Et on incrémente comme ça le cercle vicieux.
Et on continue parce qu'on retrouve
bon nombre de femmes qui disent
oui, mais ça va passer, ça ne va pas durer.
Et en fait, elles alimentent leur cercle de la douleur
et leur peur et leur vaginisme.
Donc l'idée de la prise en charge,
ça va être de déconstruire ce cercle.
Donc on a cette peur de la douleur par la pénétration.
On peut même avoir cette angoisse de performance
qui est ça ne va pas marcher, je vais encore avoir mal.
On a donc plutôt un mode tendu,
un mode respiration courte, repli sur soi.
On peut avoir du coup des évitements.
Donc on ne va même pas jusqu'à l'essai de la pénétration.
Et de toute façon, on a dit que si ce cercle
n'était pas déconstruit, il ne fallait pas aller
à cet essai de pénétration parce que forcément,
on va avoir cette contraction réflexe.
Donc cette peur va entraîner la contraction réflexe
des muscles périneaux.
Mais si on apporte de la connaissance, des exercices,
de la réassurance, de la confiance,
de l'appropriation de son corps
et de l'expérimentation positive,
pour le coup, on va reprogrammer son comportement,
ses perceptions et du coup,
elles vont s'apercevoir que ce vagin existe,
que ce vagin est un organe pénétrable
et qu'il peut être pénétré sans douleur.
On va donc avoir une diminution de la contraction réflexe
par prise de confiance et une diminution
de la peur de la pénétration.
Du coup, elles vont pouvoir accéder
à une pénétration non douloureuse
et entrer dans un cercle vertueux de la confiance,
ce qui entraînera une pénétration possible sans douleur.
Alors bien sûr, tout ceci prend un petit peu de temps,
mais c'est d'une résolution assez rapide tout de même.
Donc, qu'est-ce qu'on va utiliser comme méthode ?
Bien sûr, on va rassurer et surtout expliquer
la physiologie et l'anatomie,
expliquer à la patiente que c'est un trouble qui existe,
qui est assez fréquent chez les femmes,
et lui expliquer que c'est lié à une contracture involontaire,
elle n'y est pour rien.
Détendez-vous madame, c'est compliqué.
Elles n'y peuvent absolument rien,
ce muscle a sa contraction automatique.
En expliquant l'anatomie,
en expliquant aussi que ce vagin est une cavité virtuelle
avec un petit peu, moi j'aime bien prendre l'image
du pull chaussette par exemple,
c'est-à-dire que je leur dis souvent en rigolant,
vous allez dans le rayon, vous voyez un pull,
on dirait que c'est une taille de 4 ans,
puis en fait vous l'essayez en cabine d'essayage
et ça vous va très bien,
et puis vous l'enlevez et vous pouvez le re-ranger
au rayon 4 ans.
C'est vraiment les propriétés d'un pull chaussette
et on peut imaginer tout à fait que votre vagin
a exactement ces propriétés-là,
tout parce que comme on l'a dit au début,
il a des propriétés de tonicité, de puissance et de souplesse.
On va aussi lui proposer en l'accompagnant
pour habiter, investir et s'approprier et érotiser son corps
pour oser aller se toucher, aller toucher à cet endroit-là,
aller découvrir son anatomie, retrouver, acquérir,
c'est souvent acquérir parce qu'on est souvent
sur quelque chose de primaire, une réalité,
une fonctionnalité au niveau vaginal,
c'est-à-dire c'est un organe pénétrant,
comment je peux le visualiser,
pardon, c'est un organe pénétrable,
excusez-moi, et donc il a cette capacité à recevoir
et donc travailler sur je peux recevoir en moi,
je peux accueillir.
C'est une notion qui n'est pas évidente
parce que l'intrusion peut être vécue comme agressive
et donc on va aller faire un travail sur cet accueil
et cette complémentarité homme-femme
ou cet accueil et cette complémentarité liée à la pénétration.
Retrouver la confiance aussi dans son corps,
ce corps qui fait mal, qui ne fonctionne pas comme il devrait,
en tout cas elle s'est vécue comme telle,
et ces muscles qu'on ne contrôle pas.
Et puis acquérir des savoirs techniques et érotiques
pour pouvoir l'intégrer surtout dans sa pratique
ensuite avec son partenaire.
Donc je parlais tout à l'heure de pacte de confiance,
d'alliance thérapeutique,
parce que c'est très important que la patiente se sente à l'aise
et se sente écoutée.
On va lui promettre de ne pas lui faire mal,
de l'accompagner, mais d'aller dans une découverte
et donc elle, elle va aussi avoir besoin
de mettre en place des choses
et il faut qu'elle soit partie prenante
dans la mise en place de ce qu'on va lui proposer.
On va apporter des connaissances justes
sur l'anatomie, la physiologie,
avec des schémas, des photos, des dessins.
Il existe même des peluches qui représentent des vulves
qui permettent vraiment d'aller visualiser
les lèvres externes, les lèvres internes,
l'entrée du vagin, le clitoris, le méat urinaire.
Tous ces outils-là peuvent être intéressants
pour qu'elle le visualise,
mais aussi pour qu'elle manipule elle-même.
Ça, ça peut être très intéressant.
Et puis on va avoir aussi tout un travail
sur l'auto-observation,
alors avoir avec elle ce qu'elle souhaite.
Est-ce qu'elle souhaite d'abord qu'on le fasse
en l'accompagnant au cabinet ?
Est-ce qu'elle préfère le faire seule à la maison
dans un premier temps,
pour que cette vulve et ce vagin
prennent une réalité dans leur corps ?
Et puis on va aller chercher aussi
les perceptions corporelles ensuite.
On va aller travailler sur la relaxation,
la contraction, décontraction.
Alors je mets aussi contraction
parce qu'en fait elles sont tendues,
elles ne s'en rendent pas forcément compte
parce que ce muscle se serre tout seul
et donc on va aller leur apprendre à le relâcher
en jouant sur la respiration.
On a dit que ça travaillait en synergie
avec les abdominaux,
donc on va aussi utiliser la respiration.
On va aussi utiliser des dilatateurs
et remettre un peu du lien entre la tête et le corps.
On va aller leur donner des images
pour qu'elles s'approprient leur vagin,
pour qu'elles l'investissent,
qu'elles le visualisent,
leur permettre d'aller le toucher
avec les doigts, avec des objets.
Et puis on peut aussi travailler en partenariat
parce que des fois c'est nécessaire
et en tout cas c'est complémentaire,
en psychothérapie, en EMDR, en ostéopathie
parce que les contractures musculaires,
la contraction musculaire au moment du vaginisme
peut aussi perdurer
et du coup ça peut être intéressant
d'aller travailler en ostéopathie.
Et puis on va aussi ne pas oublier le partenaire
parce que des fois le partenaire n'est pas choisi au hasard.
Il peut aussi avoir une position pénétrante
qui n'est pas très, entre guillemets, agressive ou présente.
Il peut lui-même avoir des pathologies
qui pour le coup ne lui permettent pas
d'avoir cette pénétrance.
Et donc c'est important aussi de pouvoir l'intégrer
et aussi le rassurer en lui expliquant ce qui se passe
ou en tout cas lui permettre à la partenaire
de lui expliquer ce qui se passe
et de lui expliquer pourquoi dans un premier temps
on va arrêter les tentatives de pénétration.
Donc les incontournables,
c'est la connaissance et la bonne connaissance d'elle-même,
la rassurer, le respect et la bienveillance
parce qu'on n'est pas toujours devant des patientes
qui sont au même stade, au même rythme
et des fois aussi prendre compte du rythme du couple.
Et puis bien rappeler que la sexualité
n'est pas que la pénétration vaginale
et s'il y a un bon nombre de femmes
qui souffrent de vaginisme
peuvent avoir investi leur sexualité d'autre façon,
certaines n'ont pas de sexualité
parce qu'elles estiment que s'il n'y a pas
de pénétration vaginale, il n'y a pas de sexualité
ou bien que s'il y a une autre forme de sexualité,
il y a trop de risques à la pénétration vaginale
et que du coup, elles préfèrent vraiment
avoir des comportements d'évitement.
On va donc arrêter ce qui fait mal
et puis on va permettre aussi peut-être
dans nos prises en charge aux patientes
de reprendre d'autres jeux sexuels
pour celles qui ne les ont pas
en prévenant et puis en leur demandant
de bien prévenir leur conjoint
qu'il peut y avoir d'autres jeux sexuels
mais que celui-là, pour le moment en tout cas,
est interdit.
Et puis c'est intéressant aussi d'avoir
un réseau de connaissances pour pouvoir adresser
quand on a diagnostiqué un vaginisme.
Donc les enjeux du diagnostic
de ce vaginisme,
ça va être d'avoir pour les patientes
et de la prise en charge surtout,
d'avoir pour les patientes une sexualité épanouie,
de retrouver une meilleure estime d'elles-mêmes.
L'enjeu pour elles aussi, ça va être bien souvent
de mettre en route une grossesse
et puis on va avoir aussi tout ce qui est prévention
au niveau du papillomavirus par exemple,
pour les frottis, la pose d'un stérilet
si elles ne peuvent pas avoir d'autres modes de contraception, etc.
Donc le vaginisme est un trouble sexuel
qui se guérit bien et les femmes ne doivent plus
hésiter à en parler et surtout les soignants
ne doivent pas hésiter à le dépister et à interroger les femmes.
Donc là je viens de vous présenter le vaginisme
chez la femme cisgenre hétérosexuelle
mais bien évidemment le vaginisme
et la prise en charge telle que je viens de vous l'expliquer
peut tout à fait s'appliquer
aux femmes cisgenres homosexuelles
mais aussi aux femmes transgenres opérées
qui ont bénéficié d'une vaginoplastie
ou aux hommes transgenres qui ne sont pas opérés
et qui ont une vulve.
Donc ça c'est important et ce sera exactement
la même prise en charge
et les mêmes propositions d'accompagnement.
Je peux maintenant vous présenter
le cas clinique d'une jeune femme
de 25 ans qui est institutrice
et qui est venue me voir
pour un vaginisme.
Elle est en surpoids, elle est en couple depuis 4 ans
elle n'a pas de contexte familiaux
particulier dans son enfance
elle a une famille aimante, une éducation
qui est classique telle qu'elle l'a décrit
elle est très liée à son frère
l'alimentation était déjà compliquée
quand elle était petite, elle avait l'impression
qu'on la faisait manger tout le temps, qu'il fallait qu'elle grossisse
elle est actuellement sous Optimizette
elle a un conjoint qu'elle dit compréhensif et patient
lui n'a pas de troubles
et il y a des jeux sexuels qui sont présents
elle a déjà consulté 2 médecins traitants et 2 gynécologues
pour sa problématique, ce qui revient à ce qu'on disait tout à l'heure
il y a un peu d'errance parfois
pour des mycoses qui ont été traitées de principe
et puis le deuxième a adressé
chez un gynécologue, peut-être pour un doute
sur une endométriose, en fait ça n'en était pas une
et puis un deuxième qui a dit
ce n'est pas de l'endométriose, ça doit être du vaginisme
et un deuxième à Vigineco qui a dit
non, ce n'est pas du vaginisme
et elle arrive chez moi, elle pleure
elle dit avoir honte
de cette problématique, elle dit qu'elle est très amoureuse
et qu'elles sont mariées aussi, que tout va bien entre eux
qu'il ne manque vraiment que ça
elle a quand même une mauvaise estime
d'elle-même, une mauvaise connaissance de son corps
elle dit que tout ce qui est extérieur
finalement ça va, mais que toucher cette zone
ce n'est quand même pas évident
que des douleurs ont toujours été présentes
elle dit qu'il n'y a jamais eu de pénétration
qu'ils ont essayé, mais qu'elle a l'impression
que c'est tout étroit, que le sexe de son partenaire est trop volumineux
elle dit ça ne rentre pas juste à l'entrée
ce qui correspond à ce qu'on a dit tout à l'heure
le gland qui rentre juste au niveau de la vulve
en fait elle a peur d'avoir mal, elle a des comportements
d'évitement, donc il y a eu une intimité
il y a toujours une intimité avec son partenaire
mais à chaque fois elle dit, je vois bien que je le frustre
parce qu'il n'y a jamais de pénétration
et lui il ne propose plus non plus
et de toute façon ça tombe bien, parce que moi je ne veux pas
il n'y a pas de dégoût de la sexualité en général
mais globalement elle dit que son image, son corps
forcément avec le surpoids etc, ce n'est pas terrible
elle arrive chez moi un petit peu
les épaules voûtées, elle est tristouille
elle a les cheveux, j'allais dire
un petit peu filasse
sur son apparence c'est vrai qu'on sent qu'elle est
un petit peu, peut-être pas renfermée
mais oui tristouille
par contre elle est motivée, elle veut y arriver
elle veut que ça marche comme chez les autres
et puis pour son partenaire
donc voilà
on est parti
l'examen clinique a été possible en la rassurant
alors bien sûr sans toucher vaginal, sans spéculum
et puis surtout très vite je lui ai dit
on arrête de se faire du mal, c'est une prescription
il n'y a pas de pénétration
même pas d'essai
elle était contente parce que finalement elle dit
ça c'est quelque chose qu'on ne fait pas depuis longtemps
mais le fait que ce soit le professionnel de santé qui pose les choses
et qu'elle puisse le dire à son partenaire
ça lui enlève un poids de cette angoisse
de réussite et de performance tout de suite maintenant
et puis on a travaillé sur l'anatomie
donc des planches comme je vous ai montré
tout à l'heure
en extérieur sur la vulve
où on voit les muscles de face
de profil en coupe
de façon à ce qu'elle comprenne les mécanismes de ce qui se passe dans son corps
parce que ça c'est un gros côté rassurant
que les patients puissent comprendre ce qui se passe
et surtout que c'est involontaire
parce que souvent elles arrivent en disant
j'essaie de me détendre
oui mais en fait vous n'y pouvez rien
il faut qu'on remette de la commande
pour l'instant ça ne fonctionne pas comme ça
c'est un peu comme si votre vagin vous protégeait malgré vous
de quelque chose qu'il n'a pas lieu de faire
mais qu'il le fait
donc on a travaillé sur cette anatomie
et puis sur la fonctionnalité du vagin et son image
cette capacité, je reprends mon image de pull chaussette
ou d'une chaussette dans laquelle on peut mettre des choses
il y a une souplesse, cette tonicité sourde
donc on a retravaillé sur cette image
sur les visualisations qu'elle peut avoir de sa vulve
de son vagin, ce qu'elle peut y associer
donc déjà au niveau de la vulve
une fleur, un fruit
mettre quelque chose de positif
et puis on a travaillé aussi ensuite sur le repérage de son bassin
donc en se mettant debout
en allant chercher sa symphyse
en allant chercher ses crêtes iliaques
les ischions, le coccyce
pour avoir une idée déjà du volume de son bassin
et ensuite qu'elle puisse visualiser l'ensemble des muscles du périnée
de façon à pouvoir comprendre
ensuite on a travaillé
sur des exercices au sol pour avoir de la mobilité
donc les jambes en papillon
les jambes en chasse-neige
en asymétrie, une jambe en papillon, une jambe à genoux à l'intérieur
puis de l'autre côté
de façon à avoir aussi des sensations qui apparaissaient
au niveau de cette zone et puis de la souplesse
pour remettre un petit peu de mouvement
et puis aussi de la perception de son corps
simplement en se touchant
au niveau des mains
ce qui était tout à fait acceptable pour elle
et puis en se rapprochant de plus en plus
de sa zone génitale et en variant les pressions
les rapidités pour qu'elle voit aussi
que les sensations pouvaient être
plus ou moins intenses et plus ou moins douces
on a travaillé aussi
sur la respiration abdominale
pour aller dans la contraction et la décontraction
des abdominaux et puis sur cette respiration
qui va être plus en lien avec le parasympathique
et qui va être une respiration qui est la respiration
physiologique mais moins dans quelque chose d'émotionnel
qui est très dans le haut du corps et qui est très fermé
pour essayer de donner un petit peu d'amplitude
à ce corps parce que comme on a vu
tout travaille en synergie donc si on donne du mouvement
et de l'amplitude dans le haut du corps on va aussi
aller ouvrir davantage petit à petit
on va aller proposer une image de visualisation
d'ouverture à l'inspiration
et de souplesse des contractions
poser les hamacs à l'expiration
on a travaillé aussi sur
la visualisation pendant ses respirations
sur la visualisation de son anatomie
la visualisation de son vagin
et pour avoir une appropriation de cette zone
et puis l'exercice
qui va être très important voire fondamental
ça va être d'apprendre à décontracter
les releveurs de l'anus
qui va falloir travailler au quotidien
donc là ça va être quelque chose qu'elles vont faire
en visualisant leur anus
c'est à dire qu'elles vont
visualiser leur anus
qu'elles vont essayer d'amener le plus près de leur coccyx possible
et qu'elles vont laisser remonter
et à nouveau ça plusieurs fois par jour
moi souvent je leur dis tous les jours
toutes les heures 5 fois minimum
plus elles sont motivées plus elles le font
et plus ça fonctionne rapidement
et puis on va aussi travailler en massage périnéal
en tout cas pour cette patiente
elle était hyper motivée
cette pose de l'anus
ce mouvement de l'anus vers le coccyx
elle l'a fait très souvent et c'est vrai que ça a été très bénéfique
et puis on a pu petit à petit
avec cette connaissance, avec cette confiance
avec le travail aussi, avec le miroir
qu'elle a fait chez elle d'abord puis on l'a refait ensemble au cabinet
elle a pu avoir suffisamment confiance
pour que je puisse aller toucher la zone
qu'elle accepte que je touche la zone de sa vulve
la zone de l'entrée de son vagin
et du coup on a pu aller masser d'abord au cabinet
la zone de l'entrée du vagin puis un petit peu plus profondément
et le fait qu'elle s'aperçoive
alors juste avec l'auriculaire au départ
et puis avec le majeur ensuite
et le fait qu'elle s'aperçoive au cabinet qu'il n'y avait pas de douleur
et surtout je les préviens bien avant que si elles ont
de la douleur au-delà de 3 sur une échelle
de 0 à 10, on arrête immédiatement
et on fait différemment, voire on ne fait plus rien
pour la séance, en tout cas en toucher direct
et donc le fait qu'elle se soit aperçue
qu'au cabinet c'était possible et non douloureux
elle a réussi à le refaire chez elle
d'abord à l'entrée du vagin puis avec son doigt
et comme ça on incrémente notre cercle vertueux
dont on a parlé tout à l'heure où
elles s'aperçoivent qu'elles peuvent toucher la zone sans avoir mal
et surtout on va aller
décontracter ce muscle en le massant
de façon un petit peu plus profonde
et puis ensuite
une fois que cette confiance a été prise
qu'elle commençait à reprendre confiance dans son corps
dans la capacité de son vagin à être pénétrée
on a commencé à travailler
avec des dilatateurs qu'elle a acheté
d'abord le premier kit
la taille 1 à 4
et puis ensuite elle a même décidé de passer
au deuxième kit et donc du coup on a travaillé
avec au cabinet donc d'abord en respiration
puis ensuite on allait avec le massage tout doucement
et puis ensuite avec le dilatateur
qu'elle utilisait elle-même à la maison
en associant sa respiration
sur le souffle, je fais descendre mon périnée
je fais reculer mon anus vers mon coccyx
et je rends mon vagin
accueillant à la pénétration
et puis très rapidement
souvent je leur propose d'intégrer
quand on est arrivé avec le dilatateur taille 4
elle toute seule et au cabinet
de commencer à intégrer éventuellement
les pénétrations dans leur jeu sexuel
d'abord avec ses propres doigts à elle
puis peut-être, elle en tout cas c'est ce qui s'est passé
elle a guidé son partenaire
et donc il a pu la pénétrer avec un doigt
et puis ensuite je leur ai proposé
soit de passer à l'essai de la pénétration
soit de jouer avec les dilatateurs
ils ont préféré dans un premier temps
jouer avec les dilatateurs
et puis évidemment après ils ont essayé
à partir du moment où on est à la taille 4
je leur dis que le vagin est fonctionnel
que tout va bien et surtout elle, elle le constate
elle a constaté cette patiente
que la pénétration avec le dilatateur taille 4
n'était absolument pas douloureux
et que c'était possible surtout
parce qu'au-delà de la douleur c'est surtout
le fait que ce soit possible
du coup je leur suggère que ça va être possible
aussi avec le sexe de leur partenaire
pour gérer l'appréhension
parce qu'on revient bien sur cette problématique là
qui est vraiment la problématique de départ
pour gérer l'appréhension en fait je leur propose
d'abord avoir une position peut-être
elle sur le partenaire donc Andromaque
où elles peuvent gérer l'orientation
elles peuvent gérer la profondeur
elles peuvent tout à fait mettre leurs mains
sur la verge de leur partenaire pour que ça aille
au rythme qu'elles le souhaitent et à la profondeur
qu'elles souhaitent et donc du coup cette patiente
et bien très vite
la pénétration a pu se faire
au bout de 15 séances
sans aucune complication
et sans aucune douleur
après on peut imaginer
le vaginisme est résolu
mais on peut tout à fait imaginer
qu'on aura un travail complémentaire à faire
alors pour cette patiente
c'était pas forcément indispensable
pas sa demande pour l'instant
sur l'érotisation du corps, le délire
et puis le plaisir sexuel si c'est nécessaire
donc voilà pour cette présentation
sur le vaginisme et ce cas clinique
je vous mets ici quelques références
les deux premières que vous trouverez sur Youtube
sur l'anatomie en mouvement
fait par l'université de Lyon
qui est plutôt très bien fait
et puis des sites sur le périnée
avec les clés de Vénus, le Périnée Bien-Aimé
et Vulvae qui parle de vaginisme
et puis évidemment les fiches outils
et le site de Sexoblog
voilà, j'ai utilisé
les cours de DU
que j'avais eus avec Mme Chevret-Méasson
M. Ribes et Devaux
et puis la présentation d'une de mes sages-femmes
formatrice et sexologue
le mémoire de fin d'études de Mme Serret
les cours et fiches outils de Sexoblog aussi
et puis un livre avec des planches anatomiques
que j'aime beaucoup qui est le périnée féminin
de Blandine Calais-Germain
voilà, je remercie toutes ces personnes
et puis mes patientes bien évidemment
avec qui j'apprends tous les jours
et que je suis heureuse de pouvoir accompagner
vers un mieux-être dans leur santé sexuelle
je vous remercie beaucoup de votre attention
et j'espère que vraiment vous vous sentirez
que je vous ai donné des outils et des aides
pour pouvoir dépister et orienter vos patientes
quand elles souffrent de vaginisme
Merci beaucoup, franchement super
merci pour cette présentation très éclairante
sur le vaginisme et la prise en charge
super cas clinique en plus
c'était un cas clinique qui n'était pas très facile
parce qu'une patiente déjà avec une bonne errance
diagnostique et thérapeutique au départ
mais finalement c'est vrai que la prise en charge
du vaginisme c'est assez simple
mais il faut l'adresser à un sexologue
merci beaucoup Anne-Cécile
pour cette présentation superbe
qui démystifie le vaginisme
qui montre à quel point c'est une dysfonction
sexuelle qui est sous-diagnostiquée
mais fréquente
et qui n'est pas liée à un problème psychologique
ni à un problème physique
c'est ni psychologique ni physique
c'est entre les deux
c'est un problème d'apprentissage au final
et c'est vrai comme tu le disais
être pénétré c'est pas naturel pour tout le monde
je pense même que c'est naturel pour personne
et pour pouvoir accepter la pénétration
et ensuite aimer la pénétration ça nécessite forcément
un apprentissage à un moment ou à un autre
et il y a des personnes qui n'ont pas eu la chance
de pouvoir se faire ce propre apprentissage
et donc du coup
c'est pas la peine d'essayer de forcer le truc
d'essayer forcément de les examiner
de faire un toucher etc
parce que si elles acceptent pas la pénétration
c'est leur corps qui est comme ça
donc du coup à nous de les aider
à prendre conscience de leur capacité
ok
donc voilà tous les sexologues savent soigner
et prendre en charge le vaginisme
absolument
on entend sur les réseaux sociaux
des gourous qui prennent en charge le vaginisme
le vaginisme c'est pas compliqué
soigner un vaginisme primaire c'est de donner
beaucoup d'informations par contre on peut pas dire
que les médecins, les soignants, les sages-femmes
les gynécologues ne connaissent pas cette pathologie
c'est aussi aux personnes
qui en souffrent d'en parler
alors nous on milite beaucoup pour que les soignants
interrogent les patients
mais je pense que les patients aussi
il faut aussi à un moment donné qu'ils en parlent
et après une fois qu'ils en ont parlé c'est beaucoup plus simple
une fois qu'ils sont envoyés à la bonne personne
il y a vraiment une démarche de ces patients
pour pouvoir en parler
parce que des fois elles sont muselées par la honte
par le fait que c'est pas normal, je n'y arrive pas
elles n'ont pas cette notion que c'est leur corps
et qu'elles n'ont pas prise sur leur corps
parce qu'elles n'ont pas les outils pour avoir pris sur leur corps
et du coup c'est pour ça qu'elles ont souvent du mal à l'exprimer
et qu'elles l'expriment quand elles sont un petit peu
acculées avec ce désir de grossesse
ou avec la peur que le compagnon les quitte
c'est souvent des motivations externes
parce qu'elles sont des fois un peu pétrées de cette peur
de « que va-t-on dire de moi ? »
oui, tout à fait, d'où l'importance de démystifier
de dédramatiser, de faire prendre conscience
que c'est quelque chose de fréquent
de presque naturel finalement et non pas une anomalie
ça les aide beaucoup quand on leur dit
qu'elles ne sont pas seules
parce qu'en tant que soignants on peut être vite abusés
par le fait que comme nous on en parle
on voit des patients qui ont cette pathologie mais elles sont seules
avec leur pathologie, enfin si on peut dire pathologie
mais elles sont seules avec leurs difficultés
et donc du coup c'est important de leur rappeler
qu'elles ne sont pas seules et que ce sont des choses qui arrivent
et que ça se traite surtout
super, encore merci pour le temps que tu nous as accordé
pour cette super présentation
et je souhaite une bonne continuation
parce qu'il y a la prochaine intervention qui va démarrer
donc merci à toutes les personnes
qui ont suivi cette intervention, qui sont très nombreuses
et donc Anne-Cécile je te dis à bientôt
à bientôt, merci beaucoup Arnaud
au revoir