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Soin, sexologie et médecine sexuelle

Accompagnement de la thérapeute de couple/CCF dans la santé sexuelle des couples

Bénédicte SEMPÉ NÉMOZ Couple et sexualité

Cette conférence précise la place de la thérapeute de couple et de la conseillère conjugale et familiale dans l’accompagnement des difficultés sexuelles des couples.

Points clés

  • Les difficultés sexuelles s’inscrivent souvent dans une histoire relationnelle, conjugale et affective.
  • La thérapeute de couple ou CCF peut travailler la communication, les attentes, les conflits et la place de l’intimité.
  • L’accompagnement aide à distinguer demande sexuelle, souffrance individuelle et dynamique du couple.
  • Le cadre favorise l’expression des besoins, du consentement, des limites et des ressources de chacun.
  • L’orientation vers d’autres professionnels reste essentielle lorsque la situation relève aussi du médical, du psychotraumatique ou du sexologique spécialisé.

Bonsoir à tous et remercie d'être toujours aussi nombreux à ce sommet. On arrive à la fin de ces trois journées, de ces trois soirées de conférences. Je remercie encore une fois tous les orateurs qui sont intervenus et qui nous ont donné des conférences qui étaient passionnantes.

Merci bien sûr à vous tous qui avez participé tout au long de ces trois soirées. Pour la dernière conférence, pour la conférence de clôture de ce sommet, nous recevons Bénédicte Sanpénémose, qui est conseillère conjugale, familiale, thérapeute de couple et sexologue.

Elle va nous parler justement de l'accompagnement de la thérapeute de couple et de la conseillère conjugale et familiale qu'elle est dans la santé sexuelle des couples. Bénédicte, merci beaucoup d'être là, je te laisse la parole et je vais suivre ton intervention avec beaucoup d'attention.

Bonjour à tous, merci Arnaud. Je suis Bénédicte Sanpénémose, je suis conseillère conjugale et familiale depuis 20 ans installée en libéral. Je suis thérapeute de couple et de famille, sexologue clinicienne formée à Lyon.

Et puis je suis formatrice aussi et animatrice en analyse des pratiques professionnelles. Je vais vous détailler un petit peu ces différents métiers. D'abord le conseil conjugal et familial, qu'est-ce que c'est ?

C'est un métier peu connu, nous avons quatre missions. La première, c'est l'accompagnement de couple et de famille. Nous faisons aussi des interventions en milieu scolaire pour des séances d'éducation à la vie relationnelle et sexuelle.

Nous avons tout un pan aussi de soutien à la parentalité. Et enfin, nous assurons des entretiens pré-IVG. Ce qu'il faut savoir, c'est que le conseil conjugal et familial, c'est en cours de reconnaissance professionnelle.

Il y a certains organismes qui ont obtenu la certification en France compétente. Il y a six organismes de formation qui sont reconnus. Clair amour et famille, couple et famille, l'école des parents et des éducateurs, l'AFCCC, l'Institut des sciences de la famille et le planning familial.

C'est important, quand vous orientez vers un conseiller conjugal et familial, d'être sûr de sa formation de base, donc avec un de ces six organismes. Et le meilleur moyen pour ça, c'est de passer par l'ANSEF, l'Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux, qui référence des professionnels qui ont été formés dans le bon sens du terme, parce qu'on a quand même pas mal d'autres personnes qui se présentent comme conseillers en relation conjugale et qui n'ont pas forcément une formation de qualité.

Voilà, je ferme la parenthèse. Sur le conseil conjugal et familial, la thérapie de couple et de famille, c'est accompagner les couples et les familles, bien sûr, dans une neutralité bienveillante, c'est évident, et on pourra y revenir tout à l'heure de cette notion de neutralité, c'est-à-dire accompagner des couples ou des familles.

Ce n'est pas la même chose qu'accompagner des individuels, et on se doit vraiment d'être dans une équidistance. Pour ma part, j'ai une orientation systémique, donc l'orientation systémique, si ça ne parle pas à certains, c'est vraiment la notion du système qu'on accueille.

On n'accueille pas un homme et une femme, mais on accueille le fameux 1 plus 1 égale 3 de Neuberger, c'est-à-dire qu'on accueille le couple et la co-construction qui s'est faite entre ces deux personnes. Dans les thérapies de couple avec l'orientation systémique, on travaille beaucoup avec des objets flottants, qui sont des objets métaphoriques qu'on utilise pour aller au-delà de la parole parfois, et pouvoir dire des choses de façon plus complète que ce qu'on peut dire avec des mots.

Quand je fais des thérapies de famille, je travaille en co-thérapie avec mon collègue Bruno Montel, parce que face à un groupe plus ou moins nombreux de familles, c'est toujours plus riche d'être à deux. En général, je suis en première ligne pour animer la séance, et Bruno est présent en séance, un petit peu en retrait, il observe ce qu'il se passe, il peut intervenir à tout moment pour me retourner ce qu'il remarque de ce qui se passe dans la famille.

Moi, je prends ou pas sa remarque, selon là où j'en suis dans ce que je travaille. Et en fin de séance, on prend dix minutes pour avoir une relecture de la séance, et voir comment on clôt notre séance. Les familles sont bien sûr au courant de cette façon de fonctionner, elles trouvent ça assez rigolo d'ailleurs de nous entendre parler d'elles devant elles, c'est plutôt bien perçu, et elles jouent le jeu de ne pas intervenir directement avec Bruno, mais d'écouter les commentaires que fait Bruno sur ce qui se passe en séance.

Je suis sexologue, comme l'a dit Arnaud, formée à la fac de médecine de Lyon, par contre je me présente plutôt comme sexothérapeute, parce que dans l'esprit des patients, les sexologues c'est des médecins, et moi je ne veux pas du tout qu'il y ait de confusion, je ne suis pas médecin, je ne suis pas dans une analyse physique des personnes, je suis beaucoup plus sur le registre sexothérapie, donc travailler en thérapie autour de la sexualité des individuels ou des couples, puisque j'accompagne les deux.

Le point d'entrée fréquent, bien sûr, c'est le couple et les conjugopathies, c'est-à-dire tout ce qui peut poser problème à un couple dans l'évolution de son histoire, dans des événements importants qui leur arrivent, et du coup ils viennent souvent dans des situations de crise, de tension, de questionnement, on arrête, on continue, etc.

Dans les sexothérapies, il y a aussi d'autres demandes fréquentes qui sont de se réconcilier avec la sexualité, c'est des personnes qui ont un vécu un peu glauque, un peu dégueu, un peu sale, un peu malsain, un peu violente par rapport à la sexualité, et qui ont bien conscience que ce n'est pas facile à vivre avec cette vision-là de la sexualité, et qui voudraient pouvoir retravailler pour améliorer ce regard sur leur sexualité.

Et puis je me rends compte aussi qu'il y a très souvent une demande cachée, c'est-à-dire qu'elle n'est pas formulée explicitement, mais quand moi je le propose, c'est très souvent pris avec beaucoup de soulagement, je dirais même, c'est d'en savoir plus sur l'anatomie et la physiologie, et moi je rassure toujours par rapport à ça, je rassure les patients en disant mais c'est normal si vous ne savez pas, parce qu'on n'apprend pas forcément à l'école, ou en tout cas de notre temps, on ne l'apprenait pas à l'école, et puis du coup c'est intéressant de savoir comment on travaille, et comment on fonctionne, ce que c'est qu'être un homme, ce que c'est qu'être une femme, donc c'est souvent quelque chose que je propose en disant je suppose que vous savez plein de choses, mais si ça vous intéresse on peut aller questionner ça, je disais tout à l'heure aussi que j'étais formatrice et intervenante en APP, donc c'est un peu loin du sujet d'aujourd'hui, mais juste pour expliquer que je travaille dans le champ du handicap mental depuis 20 ans, sur l'affectivité et la sexualité, soit auprès des travailleurs en ESAT, soit auprès des résidents en foyer d'hébergement, en foyer de vie, ou en association.

Je suis aussi formatrice de professionnel sur la prise en compte de la vie relationnelle, affective et sexuelle des personnes accompagnées, donc ça c'est une demande qui est de plus en plus importante, quand j'ai commencé il y a 20 ans il n'y avait pas beaucoup de publications et on s'appuyait sur ce qui se faisait au Canada, en Suisse, en Belgique, maintenant en France il y a quand même eu une sacrée évolution et on sent que de plus en plus les professionnels ont envie de prendre ça en charge ou de prendre ça en compte, en tout cas dans leurs accompagnements.

Et puis je suis intervenante en analyse des pratiques professionnelles, donc ça c'est toujours auprès de professionnels qui travaillent dans les foyers d'hébergement et qui ont des temps de relecture sur leur activité professionnelle, leurs difficultés, leurs questionnements, là où ils n'y arrivent pas, là où il y a des choses qui ont marché, parce qu'on peut aussi parler de ce qui marche mieux.

Voilà, ce sont des temps mensuels qui sont proposés, un peu comme les groupes Balint pour les médecins, mais c'est dans le sanitaire et social, on parle des APP. Je continue sur l'accompagner les couples, je le disais tout à l'heure, l'importance d'une posture neutre, on n'a pas à prendre partie, on a à être à équidistance.

Ce n'est pas toujours facile, parce que dans des couples, il y en a un qui peut être un peu plus agaçant, difficile à comprendre, etc. Mais on ne peut à aucun moment s'immiscer dans le couple en disant « Madame, Monsieur a raison, vous ne fonctionnez pas comme il faut » ou ce genre de choses, ce n'est absolument pas possible dans les thérapies de couple.

On est là pour accompagner le couple, donc c'est ni l'homme ni la femme, mais à équidistance, le couple, la co-construction qu'ils ont fait tous les deux. Dans l'accompagnement des couples, c'est important de reformuler ce qui se dit, de façon à ce que la personne qui s'est exprimée s'entende parler, j'ai utilisé ce terme-là, et puis que le conjoint entende les choses dites un peu différemment de ce qui se passe quand ils sont en dispute conjugale, parce que ça passe par l'intermédiaire que je peux être pendant un temps, donc l'interprète, pour les aider à mieux se comprendre.

Et puis en séance, quand il y en a un qui parle, l'autre se tait, donc ça permet aussi d'expérimenter une autre façon d'être en couple et de s'écouter réellement dans ce que chacun peut formuler, et moi je pousse dans les retranchements pour que la personne puisse oser dire jusqu'où elle souhaite dire des choses à son conjoint, sans parfois y arriver quand ils sont en face-à-face.

Accompagner les couples, c'est aussi proposer un espace-temps pour donner du sens à ce qu'ils vivent en termes de questionnements, de doutes, de tensions, de conflits. On se pose, on se rend disponible l'un à l'autre, je me rends disponible pour eux bien sûr, et on va profiter de cet espace-temps pour donner du sens, réfléchir, se questionner, etc.

C'est un processus construit, en tout cas dans ma pratique, c'est très important. Le premier temps, c'est vraiment un temps de dépôt de leur vision individuelle de la problématique, donc chacun va parler à tour de rôle sur ce qu'il perçoit de leur problématique et de ce qui les amène en séance à mon cabinet.

Le deuxième temps, en général la deuxième séance, ça va être un temps important où on va définir là où les demandes, les attentes, les objectifs que les personnes ont par rapport aux séances, par rapport à ce qu'on va pouvoir travailler, quelles thématiques ils veulent aborder, en quoi je peux leur être utile, etc.

Et ce temps de définition de la demande, il est vraiment très important d'abord pour que les patients puissent sortir d'une plainte, qui est en général la première séance, d'une plainte où on énumère tout ce qui ne va pas, tout ce qui dysfonctionne, tout ce qui énerve, etc.

Le deuxième temps va commencer déjà à être dans un processus un peu plus constructif sur les demandes, les attentes, vers quoi on veut aller. Moi, je parle souvent de fil rouge, fil directeur de nos séances, et c'est justement un fil directeur important parce que régulièrement on fait des arrêts sur images sur le processus en cours, c'est-à-dire qu'on prend le temps de se poser, en général, systématiquement, quand j'arrive à 10 séances, je propose un temps de bilan où on peut relire justement la problématique initiale et puis les demandes qui avaient été faites, les attentes qui avaient été formulées, et on voit où on en est.

Est-ce qu'on a avancé un peu, beaucoup ? Est-ce qu'on a fait des digressions ? Est-ce qu'il y a d'autres éléments qui ont émergé de ce début de travail et ça serait important de pouvoir le prendre en compte, etc.

Alors, je voudrais vous parler des conjugopathies, ce terme un peu abscond peut-être, pour expliquer les tensions qu'il peut y avoir entre les personnes du couple. L'image de gauche, c'est conjugopathie, l'image de droite, c'est ce qu'on vise, c'est-à-dire plutôt une harmonie et regarder ensemble dans la même direction, comme dirait Saint-Exupé.

Alors, la définition du dictionnaire Larousse, la conjugopathie est un trouble d'ordre psychologique proche de la dépression, potentiellement sévère, qui est la conséquence de relations conjugales insatisfaisantes. Donc, c'est des affections ou des maladies qui concernent le couple.

Donc, on parle quand même proche de la dépression, affections, maladies, c'est pas rien. Ça suppose que chaque membre du couple a contribué à l'émergence de cette affection du lien. Il y a donc des difficultés de communication, des jeux relationnels qui se sont mis en place, des blocages dans la dynamique de couple, des enfermements dans un rôle, tout ce genre de choses.

La vision systémique du couple que j'ai, donc avec ma formation systémique, c'est que chacun est responsable de sa part du lien qui l'unit à l'autre. Ce lien co-construit, qui est actuellement en tension et filoché au bord de la rupture, c'est là-dessus qu'on va travailler.

Par rapport au couple, j'ai trouvé que c'était intéressant de vous présenter ce schéma qui vient de M. Combrick Graham, systémicien. Il a parlé des cycles de la vie et je trouve que c'est très intéressant de voir que dans l'évolution, la spirale de la vie dans laquelle nous sommes, on passe régulièrement par des temps de fusion, de désaccordement, de rupture et de réaccordement.

Quand on est dans la fusion de la naissance avec ses parents, l'entrée à l'école, ça peut être un désaccordement parce que c'est l'ouverture à une vie sociale, etc. L'adolescence, c'est parfois des périodes un peu de rupture. On quitte l'enfance pour aller vers un âge adulte qu'on ne sait pas bien comment aborder.

Quand on devient adulte, en général, on se pose un peu. Il y a un espèce de réaccordement avec qui on est et ce qu'on veut faire de sa vie. Quand on devient grand-parent, il y a cette fusion avec la naissance des enfants.

Quand on développe sa vie professionnelle avec des promotions, des nouveaux projets professionnels, ça peut entraîner un désaccordement parce que ça va solliciter un peu plus de temps pour le travail et parfois un peu moins de temps pour la famille. La promotion peut être une rupture aussi, justement par ces excès-là.

On peut retrouver une stabilité, on devient grand-parent, on retrouve la fusion. L'après-retraite, c'est une période de désaccordement aussi parce qu'il va falloir s'organiser pour cette période rêvée de la retraite, en tout cas quand on arrive à un certain âge, qui peut en même temps être une période de rupture parce que c'est passer à un autre statut et surtout ne plus avoir une reconnaissance professionnelle, sociale, qui peut être difficile à vivre.

Le mot disuivant leur dit, quand on est en forme, en bonne santé et qu'on vit une retraite joyeuse, ça peut être un tendre réaccordement. C'était important, c'est un schéma qui explique au couple que la vie n'est pas un long fleuve tranquille et que parfois on peut avoir ces périodes de désaccordement, voire de rupture qui ne sont pas forcément des ruptures totales du lien, mais en tout cas des ruptures difficiles à vivre et qu'on peut passer par-dessus.

Il y en aurait bien d'autres à décrire, je vous le fais vite. Au niveau des conjugopathies, si on montre un petit peu là-dedans, puisque c'est le cœur de notre métier, c'est quand la communication est inefficace, c'est-à-dire que les gens communiquent, c'est-à-dire qu'ils se parlent, mais en ping-pong relationnel, c'est-à-dire qu'ils se parlent l'un sur l'autre et en fait on ne s'écoute pas vraiment.

Moi souvent je parle d'accusé de réception, quand on a exprimé quelque chose, c'est de pouvoir dire à l'autre si je comprends bien, tu es en train de me dire que tu n'es pas content parce que je ne fais pas assez de tâches ménagères, par exemple. Celui qui s'est exprimé va pouvoir dire oui, c'est exactement ça, ou alors non, pas tout à fait, et il va donner une information complémentaire.

Et en fait, moi je présente ça comme une spirale, c'est-à-dire il y en a un qui parle, il y en a un qui fait l'accusé de réception, qui renvoie ce qu'il a compris, l'autre qui dit oui, c'est ça, ou pas complètement ça, et qui va donner une information de plus, et on se retrouve dans une spirale plus de l'infini qui est plus proche d'un dialogue que la spirale de tensions, de conflits, où ça monte en escalade.

Ce qui pose problème aussi dans la communication, c'est quand on parle sur l'autre, c'est-à-dire tu ne fais jamais les choses, tu n'es jamais à l'heure, tu ne tiens jamais compte de nous, le tu qui tue, comme dit Jacques Salomé, c'est plus important de pouvoir exprimer des besoins plutôt que des reproches, c'est-à-dire que quand on est en conflit de couple, on est dans les reproches par rapport à son conjoint, ce que je disais de la première séance, et on a du mal parfois à exprimer, mais j'ai besoin que tu sois plus présent avec moi en ce moment, parce que je suis en difficulté dans la gestion de nos enfants, j'ai besoin qu'on ait un peu plus de temps en couple, parce que j'ai l'impression qu'on s'éloigne, ça paraît simple à dire comme ça, mais ce n'est pas si simple à dire à son conjoint, parce que là c'est parler de soi, et qu'en général on parle plus facilement des autres que de soi.

Alors j'aime bien le dessin de Sanpé, il ne me dira jamais tu es belle, mais tu n'es pas mal aujourd'hui, il ne me dit pas non plus c'est bon ton dîner, mais c'est pas mauvais ce que tu as fait, bref j'ai envie de lui dire je m'en vais, mais je lui dis je me demande pourquoi je reste.

Deuxième point c'est l'usure du temps, quand la routine s'installe, quand il y a des rituels qui enferment, on n'a plus forcément une grande joie à retrouver l'autre dans sa différence, mais on a l'impression de la routine justement, cette fameuse routine dont on parle tellement dans les couples, avec quelque chose qui devient, l'autre devient prédictif, mais on est tellement dans des rituels, on fait toujours les mêmes choses, le dimanche c'est toujours on va manger chez tes parents, on part toujours en vacances à la mer, on fait toujours un programme le week-end, le samedi matin on va faire les courses, le samedi après-midi on fait le ménage, ce genre de choses qui au bout d'un moment, effectivement c'est plus rigolo, on a tellement des choses attendues, qu'il n'y a plus cette créativité, cette pétillance qu'il peut y avoir dans les couples.

Et puis des projets qui s'amoindrissent aussi, c'est que, autant au début les couples nous disent, on a envie alors dans l'ordre de faire des enfants, ou de construire la maison, ou d'avoir un chien, d'ailleurs j'ai eu ça, ça dépend des couples, mais il y a des projets qui donnent un dynamisme dans les couples au début, et puis petit à petit, les projets se diminuent, et c'est dommageable pour le couple.

La parentalité omniprésente, alors quand le couple conjugal est mis aux oubliettes, parce que le couple parental se met en priorité, bien sûr c'est les perturbations de l'accueil d'un enfant, on est d'accord qu'un enfant c'est une grande joie, c'est un grand bonheur en général dans les couples, mais quand même ça perturbe, le temps de la grossesse, de l'accouchement, la fatigue, les questionnements sur sa posture parentale, est-ce que je fais bien comme il faut, est-ce que je devrais faire plus, est-ce que je devrais faire moins, ces questionnements identitaires aussi, je ne suis plus la jeune femme que j'aimais être, mais je deviens une maman fatiguée, avec l'impression d'avoir un gros ventre qui reste, avec des seins qui coulent si j'allais être, toutes ces notions-là qui sont difficiles à vivre, pour les femmes, mais aussi pour les hommes, d'être en responsabilité d'une vie de famille aussi, qui peut les questionner fortement.

Il y a le changement de la vision sur l'autre aussi, ce n'est plus son amoureuse, sa femme, son amante, mais ça devient une maman, ce que je disais tout à l'heure, ce n'est plus le conjoint, l'idéal, l'amoureux, le mari, mais un papa, avec tout ce qu'il peut y avoir de difficile à vivre aussi, dans ces oppositions de vision sur ce que devrait être une maman, ce que devrait être un papa, d'où l'importance de la communication encore une fois.

Et puis la problématique actuelle qu'il faut reconnaître, actuelle je ne sais pas, ça a peut-être toujours été le cas, mais quand un enfant arrive, et qu'un enfant prend trop de place, jusqu'à devenir l'enfant-roi, c'est-à-dire que tout est fait en conception, selon l'enfant et le couple, les individualités s'oublient.

Le rôle de chacun, quand chacun a un rôle bien défini, c'est plus rigolo, quand la complémentarité ou les compétences enferment, c'est-à-dire que finalement, ça sera toujours le mari qui va faire les déclarations d'impôt, et ça sera toujours la femme qui va lancer des lessives, parce que c'est comme ça, parce qu'ils ont développé leurs compétences, parce que faire la fiche d'impôt, il le fait plus vite qu'elle, et qu'il sait faire et que ça va bien, sauf qu'au bout d'un moment, c'est pénible, parce que peut-être qu'on a envie d'apprendre à faire une fiche d'impôt, ou peut-être que les hommes, c'est important aussi qu'ils apprennent à lancer des lessives, ou inversement, peu importe.

Je prends des exemples un peu idiots, mais c'est toujours autour des exemples idiots que c'est parlant pour les couples. La notion de la charge mentale, qui reste néanmoins plus féminine, tous les chiffres le disent et le redisent, c'est quand même les femmes qui ont plus en préoccupation les enfants, le ménage, les courses, même si les hommes deviennent de plus en plus aidants, il y a encore des marges de progression pour ces messieurs.

Le rôle du papa aussi, qui pose l'autorité, est-ce que c'est un rôle dépassé ? Est-ce que c'est au papa de poser l'autorité ? J'aime bien ce petit dessin des mignons, va demander à ta mère.

C'est important, encore une fois, dans cette complémentarité, que chacun ait son rôle, mais qu'il soit régulièrement questionné, et que ce ne soit pas toujours le papa qui soit le père de Frédéric Fouettard et la maman qui soit Caline, parce que ça peut être pénible à vivre, de naître que dans ce registre-là, tout le temps.

La place donnée à la vie professionnelle, c'est quand on est un bon professionnel et qu'on oublie d'être un bon conjoint ou un bon parent. On est dans une société de consommation, donc travailler pour avoir et oublier d'être, dans un contexte difficile, attention, parfois il faut accepter ce qu'on nous propose et ce n'est pas des métiers qui nous épanouissent forcément.

On a beaucoup travaillé, parlé du travail en période de Covid, aussi les nouvelles formes de travail à distance, qui peuvent être très bénéfiques pour certaines personnes qui sont bien installées et qui ont la chance d'avoir des espaces pour que chacun puisse travailler dans un bureau, porte fermée, avec son ordinateur.

Ce n'est pas toujours le cas et on l'a bien vu, dans les périodes de confinement, les pensions, ça a pu entraîner de se retrouver avec un seul ordinateur pour toute la famille, avec pas assez de places, donc l'obligation de travailler à la cuisine au milieu des enfants.

Ce n'est pas si simple que ça, de coordonner la vie professionnelle et la vie familiale, même en dehors du confinement et du Covid. Le cordon pas coupé. Je parle de prioriser l'horizontalité et la verticalité, c'est-à-dire qu'on dépend de nos ancêtres, on va donner des descendants, on va avoir des enfants, pour ceux qui le souhaitent et qui le peuvent.

Et puis dans notre vie, on va rencontrer un conjoint et on va faire sa vie avec lui, donc c'est cette horizontalité de la vie conjugale qu'on va développer avec son conjoint, son chéri, sa chérie. Ce qui veut dire qu'à un moment donné, la priorité, elle est à mettre sur ce couple-là, sur cette notion du couple-là, et que le repas tous les dimanches chez les parents, peut-être qu'à un moment donné, on peut leur dire non, on n'a plus envie, parce que nous dimanche, on a envie d'aller se balader, et même si c'est une règle, une consigne ou quelque chose d'indicible mais d'obligatoire, on peut le remettre en cause.

Donc c'est la notion de la place des belles familles, dans quelle mesure on peut, chacun, aller parler à sa famille pour mettre en priorité son couple et sa propre famille qu'on a constituée avec ses enfants. C'est la difficulté d'être encore l'enfant de ses parents sans avoir fait de remise en cause.

On en parle souvent aussi en séance de ces tensions, j'ai l'impression qu'elle est comme sa mère, j'ai l'impression qu'il réagit comme son père, comme si on était dans une filiation et une fidélité à cette filiation qui nous empêche de remettre en cause qu'en fait, effectivement, on avait un père très autoritaire et qu'on n'a pas envie d'être un papa si autoritaire que ça, mais sauf qu'on a eu ce modèle-là et c'est difficile de se remettre en cause, de se reconstruire un autre modèle.

C'est pourtant ça, devenir adulte, c'est un processus où justement, on choisit sa vie, on choisit qui on veut être et comment on veut être et c'est un processus au long cours. Donc définir sa propre identité de couple, différente peut-être de celle de ses parents, c'était cette idée-là.

L'intimité oubliée, là on y vient sur des éléments importants, le travail, la maison, les enfants, et nous, c'est quand le couple et l'intimité du couple passent après le reste, parce qu'on n'arrive plus, parce que les enfants prennent du temps, parce que le boulot prend du temps, parce qu'il y a plein de choses à gérer et que du coup, les temps de connexion pour le couple, c'est un peu oublié, il n'y a plus de temps comme quand on est amoureux et qu'on se donne un rendez-vous et qu'on va aller se retrouver au resto avec son amoureux, on se prépare, on se fait beau, on va se soucier de son apparence, de sa disponibilité psychique pour passer un bon moment avec son chéri ou sa chérie.

Quand on vit en couple, parfois on oublie un peu d'être dans cette disponibilité, on traîne en tenue négligée, on oublie de se rendre appétant, séducteur, etc. Et puis, très concrètement, on oublie aussi de se donner du temps pour se retrouver en couple pour des moments de plaisir.

Très souvent, moi je dis, plus on a d'enfants, plus il faudrait prendre des week-ends, voire des semaines pour se retrouver que tous les deux. Et quand on se retrouve que tous les deux, c'est par exemple pour aller faire un restaurant, et moi comme je leur préconise ça, parce que parfois ça fait partie du travail que je donne à faire, c'est d'aller vous retrouver au restaurant pour parler de votre couple comme si j'étais là, sauf que je ne suis pas là, et il est interdit de parler des enfants.

Parce que si on se retrouve en couple conjugal, c'est pas pour que les enfants soient des invités au restaurant malgré nous, et que du coup on ne parle que de ses enfants. Et ça c'est difficile parce que quand on a constitué une famille, très souvent, les enfants arrivent en premier lieu.

Donc se redécouvrir chaque jour pour se désirer, c'est se retrouver l'envie de l'autre, la curiosité, la légèreté, le fun, le jeu qu'on pouvait avoir au début du couple. Aborder la sexualité avec les couples, comme je le disais en début de conférence, c'est redonner des informations de base anatomique et physiologique, rassurer sur le fait de ne pas savoir.

J'aime bien partir d'images, j'utilise beaucoup d'images d'art, parce que nous les femmes, nous ne ressemblons pas toutes à cette jolie femme. Vous les hommes, vous ne ressemblez pas tous à cet Apollon, et tant mieux, heureusement qu'on est tous différents et parfois on a des formes, pas toujours là où on voudrait, ou parfois on n'a pas, on ne ressemble pas à un idéal, à un canon masculin, et tant mieux.

Je vois que j'ai mis deux fois le schéma, je me suis trompée, parce que je vous présente le schéma, des organes génitaux de la femme et des organes génitaux de l'homme en séance, et donc on va repartir de ces schémas-là pour expliquer ce qui se passe dans le cycle de la femme, ce qui se passe dans le corps de l'homme quand il y a une érection, quand il y a une éjaculation, donner ces informations-là, encore une fois, qu'on n'a pas toujours récupérées, eues à l'école, et pour lesquelles les couples et les personnes sont en général très friands.

Aborder la sexualité avec les couples, c'est aussi aborder les différences entre le masculin et le féminin. Le féminin et le masculin, pardon. Les notions d'intériorité et d'extériorité, d'accueil et de don, de cycle féminin et de linéarité, d'écoute et d'action, d'égalité, dans la différence, et complémentarité, c'est important de reparler.

Moi, j'aime bien repartir de ces schémas-là, le schéma du féminin et du masculin, en expliquant que les femmes, elles sont comme l'ovule sur place, dans l'attente de quelque chose, et que les hommes vont être dans l'action de rentrer par la pénétration dans le corps de la femme.

Que ce n'est pas si évident que ça d'accueillir pour les femmes dans leur intériorité ce corps extérieur qui est le phallus, ça demande du temps, de la disponibilité, alors bien sûr, une préparation physique avec la lubrification, mais psychologique aussi, pour accepter d'être dans cet accueil à l'intérieur de son corps.

Même chose pour les hommes, ce n'est pas toujours si simple aussi de rentrer dans quelque chose qu'ils ne connaissent pas, même si ça peut être très agréable, chaud, doux, moelleux, etc. Mais ça peut être anxiogène pour certains hommes. Donc voilà, on va aborder toutes ces notions-là en détail, en précisant, et on parle beaucoup plus du féminin et du masculin dans ces cas-là que des femmes et des hommes parce que c'est beaucoup plus large qu'on a tous.

Nous, une part de féminin et de masculin, c'est important de le reconnaître. Aborder la sexualité avec les couples, c'est aussi élargir la vision de la sexualité. On peut parler des tendresses, des câlins, des attentions, le petit SMS qu'on envoie dans la journée, voir le petit sexto qu'on peut envoyer aussi dans le cadre de l'intimité du couple, remettre des jeux, du rire, de la légèreté, du fun dans le couple, pouvoir parler, dialoguer, exprimer ses besoins, ses demandes, être dans des contacts, dans des caresses, dans la sensualité.

Souvent, je propose le sunset focus, bien sûr, pour préconiser cette abstinence entre deux séances et prendre le temps de redécouvrir toute la géographie du corps de l'autre. Qu'est-ce que ça fait quand je vais masser les pieds de l'autre ?

Est-ce qu'il aime les massages appuyés ? Est-ce que c'est agréable pour lui ? Est-ce que les chatouilles sur les pieds sont insupportables ou au contraire sont rigolotes et ça fait du bien ?

Qu'est-ce que ça fait que de caresser au niveau de l'oreille de la personne ? Est-ce que c'est des sensations agréables ou pas agréables ? C'est ça que j'appelle toute la géographie du corps de l'autre et c'est important de prendre le temps de ça.

Souvent, j'explique la sexualité, c'est tout ça. Alors, ces fameux préliminaires, mais c'est nul comme terme parce que préliminaire, ça veut dire qu'il faut forcément aller jusqu'au coït, mais la sexualité, c'est tout ça et très souvent, quand je reçois des hommes qui disent être en manque de sexualité et la femme qui dit oui mais moi, j'en ai marre parce que j'ai toujours l'impression que quand il commence à me caresser, c'est qu'en fait, il veut une relation sexuelle, une pénétration, de leur expliquer que justement, redécouvrir toutes ces premières choses de tendresse, de contact, de caresse, de sensualité, parfois, les hommes disent mais moi, déjà, si j'avais ça, mais je m'en fiche à la limite après la pénétration, si au moins, il y avait ça, de pouvoir dire aux femmes mais laissez-vous aller dans toute cette partie de jeu, de tendresse, de découverte mutuelle et puis, vous verrez après, s'il y a des envies mutuelles, ça peut aller jusqu'à la pénétration.

J'ai mis des petits chats parce que souvent, c'est ce que je dis aux couples aussi, de faire le chat. C'est parfois difficile d'exprimer verbalement ce qu'on ressent donc je dis faites comme le chat qui ronronne quand il est content, qui feule quand ça ne lui plaît pas. Comme ça, ça permet d'avoir un retour quand il y en a un qui caresse l'autre, d'avoir un retour si c'est agréable ou pas agréable.

C'est parfois plus difficile pour certaines personnes de verbaliser oui, encore, plus haut, plus bas, à droite, à gauche, plus fort, moins fort, etc. Donc avec des miaou de chats, peut-être que ça peut être rigolo à vivre dans le couple et puis en tout cas plus facile à vivre pour le couple.

Donc c'est ça, les jeux, les rires, la légèreté, c'est un peu tout ça. Aborder la sexualité avec les couples, c'est aussi mettre des mots sur du vécu dans ce que les personnes abordent en séance. Il y a un moment, à certains moments, il y a des choses qui sont entendues, qui sont verbalisées, qu'il ne faut pas oublier.

Donc si ce n'est pas le moment de rentrer dans cet événement-là, on peut dire, j'ai noté là, vous m'avez dit que vous aviez eu un ex qui avait été violent avec vous ou violente avec vous, je pense qu'on y reviendra et puis de pouvoir verbaliser à l'autre que quand on a vécu dans une relation avec une emprise, avec une...

avec un non-respect des limites qu'on aurait voulu pouvoir mettre dans l'intimité, c'est très difficile de se remettre en confiance avec un nouveau partenaire. Ça demande du temps, ça demande de réapprovisionner, que le conjoint réapprivoise le corps qui a une souvenir corporel de peut-être des violences qui ont été reçues et que la personne aussi se réapproprie son corps pour se remettre en disponibilité et en légèreté et en confiance par rapport à l'autre.

Donc c'est ça, prendre le rôle, un temps, le rôle d'interprète, c'est vraiment de verbaliser et d'aller au-delà de ce que la personne dit, de pouvoir dire à la femme ou à l'homme, si je comprends bien, vous êtes en train de dire à votre conjoint que quand il vous est arrivé ça, vous avez pu ressentir ça, etc., et je demande bien sûr confirmation, c'est bien ça et souvent, je les vois haucher la tête avec un sourire jusqu'aux oreilles parce que j'ai réussi à transcrire avec leurs mots et en allant un peu plus loin que la reformulation ce qu'ils n'osent pas ou ce qu'ils n'arrivent pas à dire à leur conjoint, ça peut paraître paradoxal mais c'est parfois plus facile en séance de s'adresser à nous et que nous, on s'adresse au conjoint plutôt que dans le face-à-face.

Bien sûr, l'objectif, c'est de remettre un dialogue en place et qu'au bout d'un moment, il se passe de nos services, ça, moi, je l'ai toujours en tête parce que ce ne sont pas des travails de couple qui durent sur des années, en tout cas, ce n'est pas comme ça que je le conçois.

Donc l'idée, c'est bien qu'au bout d'un moment, ils arrivent à se parler en face. Ce que j'ai oublié de dire aussi, quand on travaille avec des couples, l'objectif, ce n'est pas toujours les rabibocher qui continuent ensemble ou quoi que ce soit, ce n'est pas notre projet.

L'objectif, c'est qu'ils choisissent en connaissance de cause ce qu'ils veulent faire. Soit, ils remettent une dynamique de l'entrain, je n'aime pas parler d'effort mais une conscience, une envie, un dynamisme pour essayer de repartir sur d'autres bases. Soit, c'est un constat de dire qu'on n'y arrive plus, on ne veut plus, on ne peut plus et à ce moment-là, on sait pourquoi on décide de se séparer.

Ce que je constate, pourquoi venir voir une femme sexologue ? Alors, quand j'en parlais en formation, on me disait mais non, on vient voir un professionnel. Il n'empêche que je sais bien que moi, je donne l'image d'une professionnelle sexologue mais en tout cas, je suis une femme et je sais qu'il y a beaucoup de personnes qui viennent parce que je suis une femme.

En Savoie, il n'y a pas beaucoup de sexologues qui sont formés donc, par choix limité, peut-être qu'ils viennent me voir aussi mais en tout cas, pour beaucoup de femmes, elles expriment les choses en disant on vient vous voir parce que vous êtes une femme. Sous-entendu, la parole sera plus facile parce qu'on va se comprendre, parce que vous savez ce que je vis, parce qu'il y a une espèce de connivence espérée même si moi, je dois rester dans la neutralité dont on parlait en début de séance et puis, j'ai été très étonnée de voir que, en fait, pour les hommes, le choix d'une femme sexologue c'est parfois plus simple parce qu'il n'y a pas la rivalité avec un autre homme quand on va parler de problème d'érection, d'éjaculation précoce ou ce genre de choses.

En parler avec une femme, surtout avec l'âge que j'ai maintenant, c'est presque un peu comme en parler à une mère. Donc, on peut parler de ses problèmes de zizi à sa mère plus facilement. Je sais que je peux être mise à cette place-là de façon inconsciente, bien sûr, pour les patients.

Je suis prête à l'assumer et à les aider à travailler par rapport à ça. Je sais que je reçois aussi des personnes, du fait de mon travail dans le champ du handicap mental, je reçois des personnes en situation de handicap qui viennent pour être reconnues comme des êtres sexués avec des désirs, avec des besoins.

Quand elles viennent en couple, parfois, il n'y a pas de sexualité dans ce couple-là mais ce n'est pas grave, on va parler de sensualité, de tendresse, de communication, etc. On va parler du fait qu'ils ne veulent pas aller jusqu'à une sexualité active, pénétrante, parce que ça ne convient ni à l'un, ni à l'autre, ni aux deux.

Et quand je reçois des individuels, c'est souvent parce qu'il y a eu des problématiques de non-respect de la loi ou des règles sociales ou ce genre de choses, des comportements non acceptés, non adaptés. On va réexpliquer des notions sur l'intimité, sur la pudeur, sur le consentement, bien sûr, c'est un sujet inépuisable.

Parler de la pornographie, parce que les personnes en situation de handicap, ils se soulagent parfois avec la pornographie, donc expliquer l'intérêt que peut représenter la pornographie pour certains d'entre eux en termes de soulagement, de détente et il vaut mieux qu'ils regardent un film porno ou qu'ils agressent une jeune femme.

Et puis, tous les dangers de la pornographie, de leur réexpliquer que ce sont des films, que les acteurs sont spécialement choisis pour leur aspect physique qui ne correspond pas à l'aspect physique de toutes les personnes, que ce sont des actrices et qu'elles crient très fort mais que ça ne se passe pas toujours comme ça dans la vraie vie.

Enfin, tout ce qu'on peut réexpliquer sur la pornographie, mais en tout cas pouvoir en parler parce que dans le champ du handicap mental, c'est encore très tabou d'avoir accès à la pornographie. Ce que j'aime dans mon travail, c'est accompagner le couple dans sa décision pour qu'elle soit libre et avec du sens.

C'est ce que je disais tout à l'heure. Je n'ai pas de projet sur les couples que j'accompagne même si je suis un être humain. Donc parfois, il y a des moments où je me dis qu'est-ce qu'ils font ensemble et il ferait mieux de se séparer ou il y a du boulot mais on en vit croire que ça serait chouette quand même qu'ils arrivent à se retrouver.

Bon, ça, c'est en moi que je peux avoir ces réflexions-là mais en tout cas dans le travail que je fais avec les couples, bien sûr que je les accompagne là où ils veulent aller. J'utilise des outils concrets, donc j'en parlais tout à l'heure, pour faire marcher nos créativités.

Alors, il y a la mienne que je mets en action à travers ce que je peux proposer. Je dessine sur mon tableau, j'utilise des photos, des objets, je mets leur corps en jeu à travers des sculptures, etc. Mais aussi, leur créativité et souvent, je leur demande du travail entre les séances.

Alors, ça peut être le sunset focus dont on a parlé tout à l'heure mais ça peut être aussi de ramener des objets qui représentent leur conjoint actuellement dans leur couple. Ça peut être faire un collage de photos sur ce que c'est pour eux la masculinité, la féminité, sur ce que c'est pour eux la sexualité et on va parler sur ces photos avec justement tout l'apport de l'inconscient que peuvent générer ces photos.

Ce que j'espère, c'est pouvoir continuer à travailler en réseau parce que si seul, on va plus vite ensemble, on va plus loin, on connaît ce proverbe africain mais ça me parle beaucoup. On est plus intelligent à plusieurs, c'est pour ça que je travaille en co-thérapie avec Bono quand on reçoit des familles et c'est pour ça que je suis en réseau avec l'ARMS notamment qui est une association basée à Chambéry, donc en Savoie, dans Chevartie avec Arnaud et ça, c'est passionnant de partager nos points de vue, de nous confronter peut-être sur notre façon de voir les choses mais en tout cas, c'est tellement enrichissant que, voilà, continuer à travailler en réseau et notamment en sexologie, ça me paraît fondamental de ne pas rester seul dans son coin parce qu'on est quand même interpellé par nos patients et c'est important de pouvoir aussi être en supervision bien sûr pour re-questionner nos pratiques et puisque j'espère avoir plus de professionnels formés pour répondre à une demande croissante notamment en Savoie.

Nous ne sommes pas assez nombreux, moi je travaille maintenant plus qu'à mi-temps et je refuse du monde ce qui me désire ou ce que je désespère mais, voilà, que les jeunes conseillers conjugaux et familiaux, que les jeunes thérapeutes de couple ou plus anciens d'ailleurs, n'hésitent pas à aller se former en sexologie, c'est passionnant, très égoïstement pour soi, c'est passionnant sur ce qu'on apprend et puis bien sûr pour nos patients à la suite.

Voilà, je vous remercie de votre attention et puis à bientôt peut-être. Merci beaucoup Bénédicte vraiment pour cette intervention qui était très éclairante, on comprend mieux du coup le métier de conseiller conjugal. bien sûr, il y a beaucoup de conseillers conjugaux et familiaux qui participent à cette intervention, enfin, qui ont visionné cette intervention donc, du coup, ça leur permet de voir quelle place ils peuvent prendre aussi dans la prise en charge des dysfonctions sexuelles, même si vous êtes formé, comme tu l'as précisé, dans votre formation initiale, comme tu l'as précisé, c'est vrai que ça n'aborde pas tous les sujets, donc c'est bien d'avoir une formation complémentaire et puis surtout, éclairer aussi les soignants sur l'intérêt d'adresser aux conseillers conjugaux et familiaux parce que vous êtes considéré comme des professionnels du soin ou des professionnels du bien-être les conseillers conjugaux et familiaux ?

Fameuse question, on ne sait jamais dans quelle catégorie on rentre parce que c'est comme ce n'est pas une profession encore reconnue, labellisée avec un certificat on n'a toujours pas ça donc en fait, c'est très difficile en général, les conseillers conjugaux, la majorité, c'est des femmes, c'est pour ça que je dis les conseillers conjugaux et les familiales, elles sont, quand elles sont employées par exemple en centre de planification ou dans des structures comme ça, elles sont considérées en fonction de leur métier, si elles étaient infirmières, si elles étaient sages-femmes, si elles étaient, c'est ça, en termes de grilles tarifaires par exemple, ça va rester sur ce niveau-là.

Ok, d'accord. On est à cheval entre la famille, les jeunes, le soin, la santé, la sexualité, on est entre plein de domaines. Vous êtes à cheval et justement, du coup, d'où l'importance parce que vous faites le lien en fait entre les professionnels du soin, les professionnels de l'éducation et les professionnels de la prévention donc vous avez vraiment un rôle central.

D'où le travail en réseau. Voilà, donc je suis très content qu'on ait pu mettre ça en avant. Eh bien, du coup, on a terminé la dernière intervention de ce sommet et alors, je tiens à remercier, je tiens à te remercier Bénédicte, je tiens à remercier tous les orateurs, je tiens à remercier toutes les personnes qui ont participé aux interventions, vous avez été très nombreux.

Vous pouvez continuer à poser les questions dans la fenêtre de chat, dès qu'on va clôturer, on peut continuer un petit peu à discuter ensemble sur ce sujet-là. Il y aura un replay qui va être disponible prochainement dans les prochains jours pour que vous puissiez revoir ou voir les interventions auxquelles vous avez pas pu participer.

On va le laisser disponible pendant au moins une semaine, voilà. Je tiens à rappeler que ce sommet est financé par Sexoblogue.fr et par la CPTS du Mont-Blanc donc qu'on remercie vraiment beaucoup et je tiens à vous remercier eh bien sûr, il est parrainé par donc plusieurs associations de sexologues dont l'Association régionale multidisciplinaire de santé sexuelle l'ARMS, l'AIUS, l'Association interdisciplinaire post-universitaire de sexologie, donc merci, merci à Pierre, le président, que vous avez pu voir aussi tout à l'heure, la Société francophone de médecine sexuelle, la SFMS, vous avez pu voir l'intervention de Carol, aussi tout à l'heure, qui est la présidente de la SFMS, le Centre international de formation et de recherche en sexualité, donc c'est le CIFRES, l'Association de droit au corps, l'ANAMACAP, l'Association nationale des malades du cancer de la prostate, donc vraiment merci à toutes ces associations, toutes ces structures d'avoir transmis, d'avoir parrainé le sommet, donc on est vraiment très très content et que dire d'autre, ben écoutez, voilà, c'était super et c'est pas fini parce que là, c'est que on est au troisième jour de la semaine nationale de promotion de la santé sexuelle et à partir de demain, il y a les JF3S, les journées francophones de sexologie et de santé sexuelle, donc tout ça, ça va être trois jours de congrès, ou plutôt pour les sexologues à Lille, en présentiel, et on va fêter les 40 ans de la youth, donc probablement il y a beaucoup d'entre vous qui seront présents au JF3S, donc n'hésitez pas à venir nous voir, comme ça, on pourra se rencontrer en vrai, ça va être super sympa.

Bénédicte, un petit mot de la fin, tu as quelque chose à dire ? Merci de m'avoir fait cette proposition parce que, encore une fois, de travailler en réseau, de mieux se connaître et puis de présenter la place qu'on peut avoir en tant que conseillers conjugaux et familiaux dans la prise en charge du soin des couples sur leur santé sexuelle, ça me paraissait important de dire qu'on existe.

Bon, eh bien merci en tout cas et bonne soirée à tout le monde et je vous souhaite vraiment une bonne fin de semaine de la promotion de la santé sexuelle. Au revoir.