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Soin, sexologie et médecine sexuelle

Accompagnement de la thérapeute de couple/CCF dans la santé sexuelle des couples

Bénédicte SEMPÉ NÉMOZ Couple et sexualité

Cette conférence précise la place de la thérapeute de couple et de la conseillère conjugale et familiale dans l’accompagnement des difficultés sexuelles des couples.

Points clés

  • Les difficultés sexuelles s’inscrivent souvent dans une histoire relationnelle, conjugale et affective.
  • La thérapeute de couple ou CCF peut travailler la communication, les attentes, les conflits et la place de l’intimité.
  • L’accompagnement aide à distinguer demande sexuelle, souffrance individuelle et dynamique du couple.
  • Le cadre favorise l’expression des besoins, du consentement, des limites et des ressources de chacun.
  • L’orientation vers d’autres professionnels reste essentielle lorsque la situation relève aussi du médical, du psychotraumatique ou du sexologique spécialisé.

Bonsoir à tous et remercie d'être toujours aussi nombreux à ce sommet.

On arrive à la fin de ces trois journées, de ces trois soirées de conférences.

Je remercie encore une fois tous les orateurs qui sont intervenus

et qui nous ont donné des conférences qui étaient passionnantes.

Merci bien sûr à vous tous qui avez participé tout au long de ces trois soirées.

Pour la dernière conférence, pour la conférence de clôture de ce sommet,

nous recevons Bénédicte Sanpénémose,

qui est conseillère conjugale, familiale, thérapeute de couple et sexologue.

Elle va nous parler justement de l'accompagnement de la thérapeute de couple

et de la conseillère conjugale et familiale qu'elle est dans la santé sexuelle des couples.

Bénédicte, merci beaucoup d'être là, je te laisse la parole

et je vais suivre ton intervention avec beaucoup d'attention.

Bonjour à tous, merci Arnaud.

Je suis Bénédicte Sanpénémose,

je suis conseillère conjugale et familiale depuis 20 ans installée en libéral.

Je suis thérapeute de couple et de famille,

sexologue clinicienne formée à Lyon.

Et puis je suis formatrice aussi et animatrice en analyse des pratiques professionnelles.

Je vais vous détailler un petit peu ces différents métiers.

D'abord le conseil conjugal et familial, qu'est-ce que c'est ?

C'est un métier peu connu, nous avons quatre missions.

La première, c'est l'accompagnement de couple et de famille.

Nous faisons aussi des interventions en milieu scolaire

pour des séances d'éducation à la vie relationnelle et sexuelle.

Nous avons tout un pan aussi de soutien à la parentalité.

Et enfin, nous assurons des entretiens pré-IVG.

Ce qu'il faut savoir, c'est que le conseil conjugal et familial,

c'est en cours de reconnaissance professionnelle.

Il y a certains organismes qui ont obtenu la certification en France compétente.

Il y a six organismes de formation qui sont reconnus.

Clair amour et famille, couple et famille, l'école des parents et des éducateurs,

l'AFCCC, l'Institut des sciences de la famille et le planning familial.

C'est important, quand vous orientez vers un conseiller conjugal et familial,

d'être sûr de sa formation de base, donc avec un de ces six organismes.

Et le meilleur moyen pour ça, c'est de passer par l'ANSEF,

l'Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux,

qui référence des professionnels qui ont été formés dans le bon sens du terme,

parce qu'on a quand même pas mal d'autres personnes

qui se présentent comme conseillers en relation conjugale

et qui n'ont pas forcément une formation de qualité.

Voilà, je ferme la parenthèse.

Sur le conseil conjugal et familial, la thérapie de couple et de famille,

c'est accompagner les couples et les familles, bien sûr,

dans une neutralité bienveillante, c'est évident,

et on pourra y revenir tout à l'heure de cette notion de neutralité,

c'est-à-dire accompagner des couples ou des familles.

Ce n'est pas la même chose qu'accompagner des individuels,

et on se doit vraiment d'être dans une équidistance.

Pour ma part, j'ai une orientation systémique,

donc l'orientation systémique, si ça ne parle pas à certains,

c'est vraiment la notion du système qu'on accueille.

On n'accueille pas un homme et une femme,

mais on accueille le fameux 1 plus 1 égale 3 de Neuberger,

c'est-à-dire qu'on accueille le couple et la co-construction

qui s'est faite entre ces deux personnes.

Dans les thérapies de couple avec l'orientation systémique,

on travaille beaucoup avec des objets flottants,

qui sont des objets métaphoriques qu'on utilise

pour aller au-delà de la parole parfois,

et pouvoir dire des choses de façon plus complète

que ce qu'on peut dire avec des mots.

Quand je fais des thérapies de famille,

je travaille en co-thérapie avec mon collègue Bruno Montel,

parce que face à un groupe plus ou moins nombreux de familles,

c'est toujours plus riche d'être à deux.

En général, je suis en première ligne pour animer la séance,

et Bruno est présent en séance, un petit peu en retrait,

il observe ce qu'il se passe,

il peut intervenir à tout moment pour me retourner

ce qu'il remarque de ce qui se passe dans la famille.

Moi, je prends ou pas sa remarque,

selon là où j'en suis dans ce que je travaille.

Et en fin de séance, on prend dix minutes

pour avoir une relecture de la séance,

et voir comment on clôt notre séance.

Les familles sont bien sûr au courant

de cette façon de fonctionner,

elles trouvent ça assez rigolo d'ailleurs

de nous entendre parler d'elles devant elles,

c'est plutôt bien perçu,

et elles jouent le jeu de ne pas intervenir directement avec Bruno,

mais d'écouter les commentaires que fait Bruno

sur ce qui se passe en séance.

Je suis sexologue, comme l'a dit Arnaud,

formée à la fac de médecine de Lyon,

par contre je me présente plutôt comme sexothérapeute,

parce que dans l'esprit des patients,

les sexologues c'est des médecins,

et moi je ne veux pas du tout qu'il y ait de confusion,

je ne suis pas médecin,

je ne suis pas dans une analyse physique des personnes,

je suis beaucoup plus sur le registre sexothérapie,

donc travailler en thérapie autour de la sexualité

des individuels ou des couples,

puisque j'accompagne les deux.

Le point d'entrée fréquent, bien sûr,

c'est le couple et les conjugopathies,

c'est-à-dire tout ce qui peut poser problème à un couple

dans l'évolution de son histoire,

dans des événements importants qui leur arrivent,

et du coup ils viennent souvent dans des situations

de crise, de tension, de questionnement,

on arrête, on continue, etc.

Dans les sexothérapies, il y a aussi d'autres demandes fréquentes

qui sont de se réconcilier avec la sexualité,

c'est des personnes qui ont un vécu un peu glauque,

un peu dégueu, un peu sale, un peu malsain,

un peu violente par rapport à la sexualité,

et qui ont bien conscience que ce n'est pas facile à vivre

avec cette vision-là de la sexualité,

et qui voudraient pouvoir retravailler

pour améliorer ce regard sur leur sexualité.

Et puis je me rends compte aussi qu'il y a très souvent

une demande cachée, c'est-à-dire qu'elle n'est pas formulée

explicitement, mais quand moi je le propose,

c'est très souvent pris avec beaucoup de soulagement,

je dirais même, c'est d'en savoir plus sur l'anatomie

et la physiologie, et moi je rassure toujours par rapport

à ça, je rassure les patients en disant

mais c'est normal si vous ne savez pas,

parce qu'on n'apprend pas forcément à l'école,

ou en tout cas de notre temps, on ne l'apprenait pas à l'école,

et puis du coup c'est intéressant de savoir

comment on travaille, et comment on fonctionne,

ce que c'est qu'être un homme, ce que c'est qu'être une femme,

donc c'est souvent quelque chose que je propose

en disant je suppose que vous savez plein de choses,

mais si ça vous intéresse on peut aller questionner ça,

je disais tout à l'heure aussi que j'étais

formatrice et intervenante en APP,

donc c'est un peu loin du sujet d'aujourd'hui,

mais juste pour expliquer que je travaille dans le champ

du handicap mental depuis 20 ans,

sur l'affectivité et la sexualité,

soit auprès des travailleurs en ESAT,

soit auprès des résidents en foyer d'hébergement,

en foyer de vie, ou en association.

Je suis aussi formatrice de professionnel

sur la prise en compte de la vie relationnelle,

affective et sexuelle des personnes accompagnées,

donc ça c'est une demande qui est de plus en plus importante,

quand j'ai commencé il y a 20 ans il n'y avait pas beaucoup

de publications et on s'appuyait sur ce qui se faisait

au Canada, en Suisse, en Belgique,

maintenant en France il y a quand même eu

une sacrée évolution et on sent que de plus en plus

les professionnels ont envie de prendre ça en charge

ou de prendre ça en compte, en tout cas dans leurs accompagnements.

Et puis je suis intervenante en analyse des pratiques professionnelles,

donc ça c'est toujours auprès de professionnels

qui travaillent dans les foyers d'hébergement

et qui ont des temps de relecture sur leur activité professionnelle,

leurs difficultés, leurs questionnements,

là où ils n'y arrivent pas, là où il y a des choses

qui ont marché, parce qu'on peut aussi parler

de ce qui marche mieux.

Voilà, ce sont des temps mensuels qui sont proposés,

un peu comme les groupes Balint pour les médecins,

mais c'est dans le sanitaire et social,

on parle des APP.

Je continue sur l'accompagner les couples,

je le disais tout à l'heure, l'importance d'une posture neutre,

on n'a pas à prendre partie, on a à être à équidistance.

Ce n'est pas toujours facile, parce que dans des couples,

il y en a un qui peut être un peu plus agaçant,

difficile à comprendre, etc.

Mais on ne peut à aucun moment s'immiscer dans le couple

en disant « Madame, Monsieur a raison, vous ne fonctionnez pas comme il faut »

ou ce genre de choses, ce n'est absolument pas possible

dans les thérapies de couple.

On est là pour accompagner le couple,

donc c'est ni l'homme ni la femme, mais à équidistance,

le couple, la co-construction qu'ils ont fait tous les deux.

Dans l'accompagnement des couples, c'est important de reformuler

ce qui se dit, de façon à ce que la personne qui s'est exprimée

s'entende parler, j'ai utilisé ce terme-là,

et puis que le conjoint entende les choses dites

un peu différemment de ce qui se passe quand ils sont en dispute conjugale,

parce que ça passe par l'intermédiaire que je peux être pendant un temps,

donc l'interprète, pour les aider à mieux se comprendre.

Et puis en séance, quand il y en a un qui parle, l'autre se tait,

donc ça permet aussi d'expérimenter une autre façon d'être en couple

et de s'écouter réellement dans ce que chacun peut formuler,

et moi je pousse dans les retranchements pour que la personne puisse oser dire

jusqu'où elle souhaite dire des choses à son conjoint,

sans parfois y arriver quand ils sont en face-à-face.

Accompagner les couples, c'est aussi proposer un espace-temps

pour donner du sens à ce qu'ils vivent en termes de questionnements,

de doutes, de tensions, de conflits.

On se pose, on se rend disponible l'un à l'autre,

je me rends disponible pour eux bien sûr,

et on va profiter de cet espace-temps pour donner du sens,

réfléchir, se questionner, etc.

C'est un processus construit, en tout cas dans ma pratique,

c'est très important.

Le premier temps, c'est vraiment un temps de dépôt

de leur vision individuelle de la problématique,

donc chacun va parler à tour de rôle sur ce qu'il perçoit

de leur problématique et de ce qui les amène en séance à mon cabinet.

Le deuxième temps, en général la deuxième séance,

ça va être un temps important où on va définir là où les demandes,

les attentes, les objectifs que les personnes ont

par rapport aux séances, par rapport à ce qu'on va pouvoir travailler,

quelles thématiques ils veulent aborder,

en quoi je peux leur être utile, etc.

Et ce temps de définition de la demande,

il est vraiment très important d'abord pour que les patients

puissent sortir d'une plainte, qui est en général la première séance,

d'une plainte où on énumère tout ce qui ne va pas,

tout ce qui dysfonctionne, tout ce qui énerve, etc.

Le deuxième temps va commencer déjà à être dans un processus

un peu plus constructif sur les demandes, les attentes,

vers quoi on veut aller.

Moi, je parle souvent de fil rouge, fil directeur de nos séances,

et c'est justement un fil directeur important

parce que régulièrement on fait des arrêts sur images

sur le processus en cours, c'est-à-dire qu'on prend le temps

de se poser, en général, systématiquement,

quand j'arrive à 10 séances, je propose un temps de bilan

où on peut relire justement la problématique initiale

et puis les demandes qui avaient été faites,

les attentes qui avaient été formulées,

et on voit où on en est.

Est-ce qu'on a avancé un peu, beaucoup ?

Est-ce qu'on a fait des digressions ?

Est-ce qu'il y a d'autres éléments qui ont émergé

de ce début de travail et ça serait important

de pouvoir le prendre en compte, etc.

Alors, je voudrais vous parler des conjugopathies,

ce terme un peu abscond peut-être,

pour expliquer les tensions qu'il peut y avoir

entre les personnes du couple.

L'image de gauche, c'est conjugopathie,

l'image de droite, c'est ce qu'on vise,

c'est-à-dire plutôt une harmonie

et regarder ensemble dans la même direction,

comme dirait Saint-Exupé.

Alors, la définition du dictionnaire Larousse,

la conjugopathie est un trouble d'ordre psychologique

proche de la dépression, potentiellement sévère,

qui est la conséquence de relations conjugales insatisfaisantes.

Donc, c'est des affections ou des maladies

qui concernent le couple.

Donc, on parle quand même proche de la dépression,

affections, maladies, c'est pas rien.

Ça suppose que chaque membre du couple

a contribué à l'émergence de cette affection du lien.

Il y a donc des difficultés de communication,

des jeux relationnels qui se sont mis en place,

des blocages dans la dynamique de couple,

des enfermements dans un rôle,

tout ce genre de choses.

La vision systémique du couple que j'ai,

donc avec ma formation systémique,

c'est que chacun est responsable de sa part du lien

qui l'unit à l'autre.

Ce lien co-construit, qui est actuellement en tension

et filoché au bord de la rupture,

c'est là-dessus qu'on va travailler.

Par rapport au couple,

j'ai trouvé que c'était intéressant

de vous présenter ce schéma

qui vient de M. Combrick Graham,

systémicien.

Il a parlé des cycles de la vie

et je trouve que c'est très intéressant de voir

que dans l'évolution,

la spirale de la vie dans laquelle nous sommes,

on passe régulièrement par des temps de fusion,

de désaccordement, de rupture

et de réaccordement.

Quand on est dans la fusion de la naissance

avec ses parents,

l'entrée à l'école, ça peut être un désaccordement

parce que c'est l'ouverture à une vie sociale, etc.

L'adolescence, c'est parfois des périodes

un peu de rupture.

On quitte l'enfance pour aller vers un âge adulte

qu'on ne sait pas bien comment aborder.

Quand on devient adulte,

en général, on se pose un peu.

Il y a un espèce de réaccordement avec qui on est

et ce qu'on veut faire de sa vie.

Quand on devient grand-parent,

il y a cette fusion avec la naissance des enfants.

Quand on développe sa vie professionnelle

avec des promotions,

des nouveaux projets professionnels,

ça peut entraîner un désaccordement

parce que ça va solliciter un peu plus de temps

pour le travail et parfois un peu moins de temps

pour la famille.

La promotion peut être une rupture aussi,

justement par ces excès-là.

On peut retrouver une stabilité,

on devient grand-parent, on retrouve la fusion.

L'après-retraite, c'est une période de désaccordement aussi

parce qu'il va falloir s'organiser pour cette période

rêvée de la retraite,

en tout cas quand on arrive à un certain âge,

qui peut en même temps être une période de rupture

parce que c'est passer à un autre statut

et surtout ne plus avoir une reconnaissance professionnelle,

sociale, qui peut être difficile à vivre.

Le mot disuivant leur dit,

quand on est en forme, en bonne santé

et qu'on vit une retraite joyeuse,

ça peut être un tendre réaccordement.

C'était important,

c'est un schéma qui explique au couple

que la vie n'est pas un long fleuve tranquille

et que parfois on peut avoir ces périodes

de désaccordement, voire de rupture

qui ne sont pas forcément des ruptures

totales du lien, mais en tout cas

des ruptures difficiles à vivre et qu'on peut passer par-dessus.

Il y en aurait bien d'autres à décrire,

je vous le fais vite.

Au niveau des conjugopathies,

si on montre un petit peu là-dedans,

puisque c'est le cœur de notre métier,

c'est quand la communication est inefficace,

c'est-à-dire que les gens communiquent,

c'est-à-dire qu'ils se parlent,

mais en ping-pong relationnel,

c'est-à-dire qu'ils se parlent l'un sur l'autre

et en fait on ne s'écoute pas vraiment.

Moi souvent je parle d'accusé de réception,

quand on a exprimé quelque chose,

c'est de pouvoir dire à l'autre

si je comprends bien,

tu es en train de me dire que tu n'es pas content

parce que je ne fais pas assez de tâches ménagères,

par exemple.

Celui qui s'est exprimé va pouvoir dire

oui, c'est exactement ça,

ou alors non, pas tout à fait,

et il va donner une information complémentaire.

Et en fait, moi je présente ça comme une spirale,

c'est-à-dire il y en a un qui parle,

il y en a un qui fait l'accusé de réception,

qui renvoie ce qu'il a compris,

l'autre qui dit oui, c'est ça,

ou pas complètement ça,

et qui va donner une information de plus,

et on se retrouve dans une spirale plus de l'infini

qui est plus proche d'un dialogue

que la spirale de tensions,

de conflits,

où ça monte en escalade.

Ce qui pose problème aussi dans la communication,

c'est quand on parle sur l'autre,

c'est-à-dire tu ne fais jamais les choses,

tu n'es jamais à l'heure,

tu ne tiens jamais compte de nous,

le tu qui tue,

comme dit Jacques Salomé,

c'est plus important de pouvoir exprimer des besoins

plutôt que des reproches,

c'est-à-dire que quand on est en conflit de couple,

on est dans les reproches par rapport à son conjoint,

ce que je disais de la première séance,

et on a du mal parfois à exprimer,

mais j'ai besoin que tu sois plus présent avec moi en ce moment,

parce que je suis en difficulté dans la gestion de nos enfants,

j'ai besoin qu'on ait un peu plus de temps en couple,

parce que j'ai l'impression qu'on s'éloigne,

ça paraît simple à dire comme ça,

mais ce n'est pas si simple à dire à son conjoint,

parce que là c'est parler de soi,

et qu'en général on parle plus facilement des autres que de soi.

Alors j'aime bien le dessin de Sanpé,

il ne me dira jamais tu es belle,

mais tu n'es pas mal aujourd'hui,

il ne me dit pas non plus c'est bon ton dîner,

mais c'est pas mauvais ce que tu as fait,

bref j'ai envie de lui dire je m'en vais,

mais je lui dis je me demande pourquoi je reste.

Deuxième point c'est l'usure du temps,

quand la routine s'installe,

quand il y a des rituels qui enferment,

on n'a plus forcément une grande joie

à retrouver l'autre dans sa différence,

mais on a l'impression de la routine justement,

cette fameuse routine dont on parle tellement dans les couples,

avec quelque chose qui devient,

l'autre devient prédictif,

mais on est tellement dans des rituels,

on fait toujours les mêmes choses,

le dimanche c'est toujours on va manger chez tes parents,

on part toujours en vacances à la mer,

on fait toujours un programme le week-end,

le samedi matin on va faire les courses,

le samedi après-midi on fait le ménage,

ce genre de choses qui au bout d'un moment,

effectivement c'est plus rigolo,

on a tellement des choses attendues,

qu'il n'y a plus cette créativité,

cette pétillance qu'il peut y avoir dans les couples.

Et puis des projets qui s'amoindrissent aussi,

c'est que,

autant au début les couples nous disent,

on a envie alors dans l'ordre de faire des enfants,

ou de construire la maison,

ou d'avoir un chien,

d'ailleurs j'ai eu ça,

ça dépend des couples,

mais il y a des projets qui donnent un dynamisme dans les couples au début,

et puis petit à petit,

les projets se diminuent,

et c'est dommageable pour le couple.

La parentalité omniprésente,

alors quand le couple conjugal est mis aux oubliettes,

parce que le couple parental se met en priorité,

bien sûr c'est les perturbations de l'accueil d'un enfant,

on est d'accord qu'un enfant c'est une grande joie,

c'est un grand bonheur en général dans les couples,

mais quand même ça perturbe,

le temps de la grossesse,

de l'accouchement,

la fatigue,

les questionnements sur sa posture parentale,

est-ce que je fais bien comme il faut,

est-ce que je devrais faire plus,

est-ce que je devrais faire moins,

ces questionnements identitaires aussi,

je ne suis plus la jeune femme que j'aimais être,

mais je deviens une maman fatiguée,

avec l'impression d'avoir un gros ventre qui reste,

avec des seins qui coulent si j'allais être,

toutes ces notions-là qui sont difficiles à vivre,

pour les femmes,

mais aussi pour les hommes,

d'être en responsabilité d'une vie de famille aussi,

qui peut les questionner fortement.

Il y a le changement de la vision sur l'autre aussi,

ce n'est plus son amoureuse, sa femme, son amante,

mais ça devient une maman,

ce que je disais tout à l'heure,

ce n'est plus le conjoint, l'idéal, l'amoureux, le mari,

mais un papa,

avec tout ce qu'il peut y avoir de difficile à vivre aussi,

dans ces oppositions de vision sur ce que devrait être une maman,

ce que devrait être un papa,

d'où l'importance de la communication encore une fois.

Et puis la problématique actuelle qu'il faut reconnaître,

actuelle je ne sais pas, ça a peut-être toujours été le cas,

mais quand un enfant arrive,

et qu'un enfant prend trop de place,

jusqu'à devenir l'enfant-roi,

c'est-à-dire que tout est fait en conception,

selon l'enfant et le couple,

les individualités s'oublient.

Le rôle de chacun,

quand chacun a un rôle bien défini,

c'est plus rigolo,

quand la complémentarité ou les compétences enferment,

c'est-à-dire que finalement,

ça sera toujours le mari qui va faire les déclarations d'impôt,

et ça sera toujours la femme qui va lancer des lessives,

parce que c'est comme ça,

parce qu'ils ont développé leurs compétences,

parce que faire la fiche d'impôt,

il le fait plus vite qu'elle,

et qu'il sait faire et que ça va bien,

sauf qu'au bout d'un moment,

c'est pénible,

parce que peut-être qu'on a envie d'apprendre à faire une fiche d'impôt,

ou peut-être que les hommes,

c'est important aussi qu'ils apprennent à lancer des lessives,

ou inversement,

peu importe.

Je prends des exemples un peu idiots,

mais c'est toujours autour des exemples idiots

que c'est parlant pour les couples.

La notion de la charge mentale,

qui reste néanmoins plus féminine,

tous les chiffres le disent et le redisent,

c'est quand même les femmes qui ont plus en préoccupation

les enfants, le ménage, les courses,

même si les hommes deviennent de plus en plus aidants,

il y a encore des marges de progression pour ces messieurs.

Le rôle du papa aussi,

qui pose l'autorité,

est-ce que c'est un rôle dépassé ?

Est-ce que c'est au papa de poser l'autorité ?

J'aime bien ce petit dessin des mignons,

va demander à ta mère.

C'est important, encore une fois,

dans cette complémentarité,

que chacun ait son rôle,

mais qu'il soit régulièrement questionné,

et que ce ne soit pas toujours le papa

qui soit le père de Frédéric Fouettard

et la maman qui soit Caline,

parce que ça peut être pénible à vivre,

de naître que dans ce registre-là,

tout le temps.

La place donnée à la vie professionnelle,

c'est quand on est un bon professionnel

et qu'on oublie d'être un bon conjoint

ou un bon parent.

On est dans une société de consommation,

donc travailler pour avoir

et oublier d'être,

dans un contexte difficile,

attention,

parfois il faut accepter ce qu'on nous propose

et ce n'est pas des métiers

qui nous épanouissent forcément.

On a beaucoup travaillé,

parlé du travail en période de Covid,

aussi les nouvelles formes de travail à distance,

qui peuvent être très bénéfiques

pour certaines personnes

qui sont bien installées

et qui ont la chance d'avoir des espaces

pour que chacun puisse travailler

dans un bureau,

porte fermée,

avec son ordinateur.

Ce n'est pas toujours le cas

et on l'a bien vu,

dans les périodes de confinement,

les pensions,

ça a pu entraîner

de se retrouver avec un seul ordinateur

pour toute la famille,

avec pas assez de places,

donc l'obligation de travailler

à la cuisine au milieu des enfants.

Ce n'est pas si simple que ça,

de coordonner la vie professionnelle

et la vie familiale,

même en dehors du confinement

et du Covid.

Le cordon pas coupé.

Je parle de prioriser

l'horizontalité et la verticalité,

c'est-à-dire qu'on dépend

de nos ancêtres,

on va donner des descendants,

on va avoir des enfants,

pour ceux qui le souhaitent

et qui le peuvent.

Et puis dans notre vie,

on va rencontrer un conjoint

et on va faire sa vie avec lui,

donc c'est cette horizontalité

de la vie conjugale

qu'on va développer

avec son conjoint,

son chéri, sa chérie.

Ce qui veut dire

qu'à un moment donné,

la priorité,

elle est à mettre

sur ce couple-là,

sur cette notion du couple-là,

et que le repas tous les dimanches

chez les parents,

peut-être qu'à un moment donné,

on peut leur dire

non, on n'a plus envie,

parce que nous dimanche,

on a envie d'aller se balader,

et même si c'est une règle,

une consigne

ou quelque chose d'indicible

mais d'obligatoire,

on peut le remettre en cause.

Donc c'est la notion

de la place des belles familles,

dans quelle mesure on peut,

chacun, aller parler à sa famille

pour mettre en priorité son couple

et sa propre famille

qu'on a constituée avec ses enfants.

C'est la difficulté

d'être encore l'enfant de ses parents

sans avoir fait de remise en cause.

On en parle souvent aussi

en séance de ces tensions,

j'ai l'impression

qu'elle est comme sa mère,

j'ai l'impression

qu'il réagit comme son père,

comme si on était dans une filiation

et une fidélité à cette filiation

qui nous empêche de remettre en cause

qu'en fait, effectivement,

on avait un père très autoritaire

et qu'on n'a pas envie

d'être un papa si autoritaire que ça,

mais sauf qu'on a eu ce modèle-là

et c'est difficile

de se remettre en cause,

de se reconstruire un autre modèle.

C'est pourtant ça,

devenir adulte,

c'est un processus

où justement,

on choisit sa vie,

on choisit qui on veut être

et comment on veut être

et c'est un processus au long cours.

Donc définir sa propre identité de couple,

différente peut-être

de celle de ses parents,

c'était cette idée-là.

L'intimité oubliée,

là on y vient

sur des éléments importants,

le travail, la maison, les enfants,

et nous,

c'est quand le couple

et l'intimité du couple

passent après le reste,

parce qu'on n'arrive plus,

parce que les enfants prennent du temps,

parce que le boulot prend du temps,

parce qu'il y a plein de choses à gérer

et que du coup,

les temps de connexion pour le couple,

c'est un peu oublié,

il n'y a plus de temps

comme quand on est amoureux

et qu'on se donne un rendez-vous

et qu'on va aller se retrouver au resto

avec son amoureux,

on se prépare,

on se fait beau,

on va se soucier de son apparence,

de sa disponibilité psychique

pour passer un bon moment

avec son chéri ou sa chérie.

Quand on vit en couple,

parfois on oublie un peu

d'être dans cette disponibilité,

on traîne en tenue négligée,

on oublie de se rendre appétant,

séducteur, etc.

Et puis, très concrètement,

on oublie aussi

de se donner du temps

pour se retrouver en couple

pour des moments de plaisir.

Très souvent, moi je dis,

plus on a d'enfants,

plus il faudrait prendre des week-ends,

voire des semaines

pour se retrouver que tous les deux.

Et quand on se retrouve

que tous les deux,

c'est par exemple

pour aller faire un restaurant,

et moi comme je leur préconise ça,

parce que parfois ça fait partie

du travail que je donne à faire,

c'est d'aller vous retrouver

au restaurant

pour parler de votre couple

comme si j'étais là,

sauf que je ne suis pas là,

et il est interdit

de parler des enfants.

Parce que si on se retrouve

en couple conjugal,

c'est pas pour que les enfants

soient des invités au restaurant

malgré nous,

et que du coup

on ne parle que de ses enfants.

Et ça c'est difficile

parce que quand on a constitué une famille,

très souvent,

les enfants arrivent en premier lieu.

Donc se redécouvrir chaque jour

pour se désirer,

c'est se retrouver l'envie de l'autre,

la curiosité,

la légèreté,

le fun,

le jeu

qu'on pouvait avoir

au début du couple.

Aborder la sexualité avec les couples,

comme je le disais

en début de conférence,

c'est redonner des informations

de base anatomique et physiologique,

rassurer sur le fait

de ne pas savoir.

J'aime bien partir d'images,

j'utilise beaucoup d'images d'art,

parce que nous les femmes,

nous ne ressemblons pas toutes

à cette jolie femme.

Vous les hommes,

vous ne ressemblez pas tous

à cet Apollon,

et tant mieux,

heureusement qu'on est tous différents

et parfois on a des formes,

pas toujours là où on voudrait,

ou parfois on n'a pas,

on ne ressemble pas à un idéal,

à un canon masculin,

et tant mieux.

Je vois que j'ai mis deux fois le schéma,

je me suis trompée,

parce que je vous présente le schéma,

des organes génitaux de la femme

et des organes génitaux de l'homme

en séance,

et donc on va repartir

de ces schémas-là

pour expliquer

ce qui se passe

dans le cycle de la femme,

ce qui se passe

dans le corps de l'homme

quand il y a une érection,

quand il y a une éjaculation,

donner ces informations-là,

encore une fois,

qu'on n'a pas toujours

récupérées,

eues à l'école,

et pour lesquelles les couples

et les personnes

sont en général très friands.

Aborder la sexualité

avec les couples,

c'est aussi aborder

les différences entre le masculin

et le féminin.

Le féminin et le masculin, pardon.

Les notions d'intériorité

et d'extériorité,

d'accueil et de don,

de cycle féminin

et de linéarité,

d'écoute et d'action,

d'égalité,

dans la différence,

et complémentarité,

c'est important de reparler.

Moi, j'aime bien repartir

de ces schémas-là,

le schéma du féminin

et du masculin,

en expliquant que les femmes,

elles sont comme l'ovule

sur place,

dans l'attente de quelque chose,

et que les hommes

vont être dans l'action

de rentrer par la pénétration

dans le corps de la femme.

Que ce n'est pas si évident que ça

d'accueillir pour les femmes

dans leur intériorité

ce corps extérieur

qui est le phallus,

ça demande du temps,

de la disponibilité,

alors bien sûr,

une préparation physique

avec la lubrification,

mais psychologique aussi,

pour accepter d'être

dans cet accueil

à l'intérieur de son corps.

Même chose pour les hommes,

ce n'est pas toujours si simple

aussi de rentrer

dans quelque chose

qu'ils ne connaissent pas,

même si ça peut être

très agréable, chaud,

doux, moelleux, etc.

Mais ça peut être anxiogène

pour certains hommes.

Donc voilà,

on va aborder

toutes ces notions-là

en détail,

en précisant,

et on parle beaucoup plus

du féminin et du masculin

dans ces cas-là

que des femmes et des hommes

parce que c'est beaucoup plus large

qu'on a tous.

Nous, une part de féminin

et de masculin,

c'est important de le reconnaître.

Aborder la sexualité

avec les couples,

c'est aussi élargir

la vision de la sexualité.

On peut parler

des tendresses,

des câlins,

des attentions,

le petit SMS

qu'on envoie dans la journée,

voir le petit sexto

qu'on peut envoyer aussi

dans le cadre

de l'intimité du couple,

remettre des jeux,

du rire,

de la légèreté,

du fun dans le couple,

pouvoir parler,

dialoguer,

exprimer ses besoins,

ses demandes,

être dans des contacts,

dans des caresses,

dans la sensualité.

Souvent,

je propose le sunset focus,

bien sûr,

pour préconiser

cette abstinence

entre deux séances

et prendre le temps

de redécouvrir

toute la géographie

du corps de l'autre.

Qu'est-ce que ça fait

quand je vais masser

les pieds de l'autre ?

Est-ce qu'il aime

les massages appuyés ?

Est-ce que c'est agréable

pour lui ?

Est-ce que les chatouilles

sur les pieds

sont insupportables

ou au contraire

sont rigolotes

et ça fait du bien ?

Qu'est-ce que ça fait

que de caresser

au niveau de l'oreille

de la personne ?

Est-ce que c'est

des sensations agréables

ou pas agréables ?

C'est ça que j'appelle

toute la géographie

du corps de l'autre

et c'est important

de prendre le temps de ça.

Souvent,

j'explique la sexualité,

c'est tout ça.

Alors,

ces fameux préliminaires,

mais c'est nul comme terme

parce que préliminaire,

ça veut dire qu'il faut

forcément aller jusqu'au coït,

mais la sexualité,

c'est tout ça

et très souvent,

quand je reçois des hommes

qui disent

être en manque de sexualité

et la femme qui dit

oui mais moi,

j'en ai marre

parce que j'ai toujours

l'impression que

quand il commence

à me caresser,

c'est qu'en fait,

il veut une relation sexuelle,

une pénétration,

de leur expliquer

que justement,

redécouvrir toutes

ces premières choses

de tendresse,

de contact,

de caresse,

de sensualité,

parfois,

les hommes disent

mais moi,

déjà,

si j'avais ça,

mais je m'en fiche

à la limite

après la pénétration,

si au moins,

il y avait ça,

de pouvoir dire aux femmes

mais laissez-vous aller

dans toute cette partie

de jeu,

de tendresse,

de découverte mutuelle

et puis,

vous verrez après,

s'il y a des envies mutuelles,

ça peut aller

jusqu'à la pénétration.

J'ai mis des petits chats

parce que souvent,

c'est ce que je dis

aux couples aussi,

de faire le chat.

C'est parfois difficile

d'exprimer

verbalement

ce qu'on ressent

donc je dis

faites comme le chat

qui ronronne

quand il est content,

qui feule

quand ça ne lui plaît pas.

Comme ça,

ça permet d'avoir

un retour

quand il y en a un

qui caresse l'autre,

d'avoir un retour

si c'est agréable

ou pas agréable.

C'est parfois plus difficile

pour certaines personnes

de verbaliser

oui, encore,

plus haut,

plus bas,

à droite,

à gauche,

plus fort,

moins fort,

etc.

Donc avec des miaou de chats,

peut-être que ça peut être

rigolo à vivre dans le couple

et puis en tout cas

plus facile à vivre

pour le couple.

Donc c'est ça,

les jeux,

les rires,

la légèreté,

c'est un peu tout ça.

Aborder la sexualité

avec les couples,

c'est aussi

mettre des mots

sur du vécu

dans ce que les personnes

abordent en séance.

Il y a un moment,

à certains moments,

il y a des choses

qui sont entendues,

qui sont verbalisées,

qu'il ne faut pas oublier.

Donc si ce n'est pas

le moment de rentrer

dans cet événement-là,

on peut dire,

j'ai noté là,

vous m'avez dit

que vous aviez eu

un ex

qui avait été violent

avec vous

ou violente avec vous,

je pense qu'on y reviendra

et puis de pouvoir

verbaliser à l'autre

que quand on a vécu

dans une relation

avec une emprise,

avec une...

avec un non-respect

des limites

qu'on aurait voulu

pouvoir mettre

dans l'intimité,

c'est très difficile

de se remettre

en confiance

avec un nouveau partenaire.

Ça demande du temps,

ça demande

de réapprovisionner,

que le conjoint

réapprivoise le corps

qui a une souvenir

corporel

de peut-être

des violences

qui ont été reçues

et que la personne

aussi se réapproprie

son corps

pour se remettre

en disponibilité

et en légèreté

et en confiance

par rapport à l'autre.

Donc c'est ça,

prendre le rôle,

un temps,

le rôle d'interprète,

c'est vraiment

de verbaliser

et d'aller au-delà

de ce que la personne dit,

de pouvoir dire

à la femme

ou à l'homme,

si je comprends bien,

vous êtes en train

de dire à votre conjoint

que quand il vous est arrivé ça,

vous avez pu ressentir ça,

etc.,

et je demande bien sûr

confirmation,

c'est bien ça

et souvent,

je les vois haucher la tête

avec un sourire

jusqu'aux oreilles

parce que j'ai réussi

à transcrire

avec leurs mots

et en allant un peu plus loin

que la reformulation

ce qu'ils n'osent pas

ou ce qu'ils n'arrivent pas

à dire à leur conjoint,

ça peut paraître paradoxal

mais c'est parfois

plus facile en séance

de s'adresser à nous

et que nous,

on s'adresse au conjoint

plutôt que dans le face-à-face.

Bien sûr,

l'objectif,

c'est de remettre

un dialogue en place

et qu'au bout d'un moment,

il se passe de nos services,

ça,

moi,

je l'ai toujours en tête

parce que ce ne sont pas

des travails de couple

qui durent sur des années,

en tout cas,

ce n'est pas comme ça

que je le conçois.

Donc l'idée,

c'est bien qu'au bout d'un moment,

ils arrivent à se parler en face.

Ce que j'ai oublié

de dire aussi,

quand on travaille

avec des couples,

l'objectif,

ce n'est pas toujours

les rabibocher

qui continuent ensemble

ou quoi que ce soit,

ce n'est pas notre projet.

L'objectif,

c'est qu'ils choisissent

en connaissance de cause

ce qu'ils veulent faire.

Soit,

ils remettent une dynamique

de l'entrain,

je n'aime pas parler d'effort

mais une conscience,

une envie,

un dynamisme

pour essayer de repartir

sur d'autres bases.

Soit,

c'est un constat de dire

qu'on n'y arrive plus,

on ne veut plus,

on ne peut plus

et à ce moment-là,

on sait pourquoi

on décide de se séparer.

Ce que je constate,

pourquoi venir voir

une femme sexologue ?

Alors,

quand j'en parlais en formation,

on me disait

mais non,

on vient voir un professionnel.

Il n'empêche que

je sais bien

que moi,

je donne l'image

d'une professionnelle sexologue

mais en tout cas,

je suis une femme

et je sais

qu'il y a beaucoup

de personnes

qui viennent

parce que je suis une femme.

En Savoie,

il n'y a pas beaucoup

de sexologues

qui sont formés

donc,

par choix limité,

peut-être qu'ils viennent

me voir aussi

mais en tout cas,

pour beaucoup de femmes,

elles expriment les choses

en disant

on vient vous voir

parce que vous êtes une femme.

Sous-entendu,

la parole sera plus facile

parce qu'on va se comprendre,

parce que vous savez

ce que je vis,

parce qu'il y a

une espèce de connivence

espérée

même si moi,

je dois rester

dans la neutralité

dont on parlait

en début de séance

et puis,

j'ai été très étonnée

de voir que,

en fait,

pour les hommes,

le choix d'une femme sexologue

c'est parfois plus simple

parce qu'il n'y a pas

la rivalité

avec un autre homme

quand on va parler

de problème d'érection,

d'éjaculation précoce

ou ce genre de choses.

En parler avec une femme,

surtout avec l'âge

que j'ai maintenant,

c'est presque

un peu comme en parler

à une mère.

Donc,

on peut parler

de ses problèmes de zizi

à sa mère

plus facilement.

Je sais que je peux

être mise

à cette place-là

de façon inconsciente,

bien sûr,

pour les patients.

Je suis prête à l'assumer

et à les aider

à travailler par rapport à ça.

Je sais que je reçois

aussi des personnes,

du fait de mon travail

dans le champ

du handicap mental,

je reçois des personnes

en situation de handicap

qui viennent

pour être reconnues

comme des êtres sexués

avec des désirs,

avec des besoins.

Quand elles viennent

en couple,

parfois,

il n'y a pas de sexualité

dans ce couple-là

mais ce n'est pas grave,

on va parler de sensualité,

de tendresse,

de communication,

etc.

On va parler du fait

qu'ils ne veulent pas

aller jusqu'à une sexualité

active,

pénétrante,

parce que ça ne convient

ni à l'un,

ni à l'autre,

ni aux deux.

Et quand je reçois

des individuels,

c'est souvent

parce qu'il y a eu

des problématiques

de non-respect

de la loi

ou des règles sociales

ou ce genre de choses,

des comportements

non acceptés,

non adaptés.

On va réexpliquer

des notions

sur l'intimité,

sur la pudeur,

sur le consentement,

bien sûr,

c'est un sujet

inépuisable.

Parler de la pornographie,

parce que les personnes

en situation de handicap,

ils se soulagent parfois

avec la pornographie,

donc expliquer

l'intérêt

que peut représenter

la pornographie

pour certains d'entre eux

en termes de soulagement,

de détente

et il vaut mieux

qu'ils regardent

un film porno

ou qu'ils agressent

une jeune femme.

Et puis,

tous les dangers

de la pornographie,

de leur réexpliquer

que ce sont des films,

que les acteurs

sont spécialement choisis

pour leur aspect physique

qui ne correspond pas

à l'aspect physique

de toutes les personnes,

que ce sont des actrices

et qu'elles crient très fort

mais que ça ne se passe pas

toujours comme ça

dans la vraie vie.

Enfin, tout ce qu'on peut

réexpliquer

sur la pornographie,

mais en tout cas

pouvoir en parler

parce que dans le champ

du handicap mental,

c'est encore très tabou

d'avoir accès

à la pornographie.

Ce que j'aime

dans mon travail,

c'est accompagner le couple

dans sa décision

pour qu'elle soit libre

et avec du sens.

C'est ce que je disais tout à l'heure.

Je n'ai pas de projet

sur les couples

que j'accompagne

même si je suis

un être humain.

Donc parfois,

il y a des moments

où je me dis

qu'est-ce qu'ils font ensemble

et il ferait mieux

de se séparer

ou il y a du boulot

mais on en vit croire

que ça serait chouette

quand même

qu'ils arrivent

à se retrouver.

Bon, ça,

c'est en moi

que je peux avoir

ces réflexions-là

mais en tout cas

dans le travail

que je fais avec les couples,

bien sûr que je les accompagne

là où ils veulent aller.

J'utilise des outils concrets,

donc j'en parlais tout à l'heure,

pour faire marcher

nos créativités.

Alors,

il y a la mienne

que je mets en action

à travers ce que je peux proposer.

Je dessine sur mon tableau,

j'utilise des photos,

des objets,

je mets leur corps en jeu

à travers des sculptures,

etc.

Mais aussi,

leur créativité

et souvent,

je leur demande du travail

entre les séances.

Alors,

ça peut être

le sunset focus

dont on a parlé

tout à l'heure

mais ça peut être aussi

de ramener

des objets

qui représentent

leur conjoint

actuellement

dans leur couple.

Ça peut être

faire un collage de photos

sur ce que c'est pour eux

la masculinité,

la féminité,

sur ce que c'est

pour eux la sexualité

et on va parler

sur ces photos

avec justement

tout l'apport

de l'inconscient

que peuvent générer

ces photos.

Ce que j'espère,

c'est pouvoir

continuer à travailler

en réseau

parce que si seul,

on va plus vite ensemble,

on va plus loin,

on connaît

ce proverbe africain

mais ça me parle beaucoup.

On est plus intelligent

à plusieurs,

c'est pour ça

que je travaille

en co-thérapie

avec Bono

quand on reçoit

des familles

et c'est pour ça

que je suis en réseau

avec l'ARMS

notamment

qui est une association

basée à Chambéry,

donc en Savoie,

dans Chevartie

avec Arnaud

et ça,

c'est passionnant

de partager

nos points de vue,

de nous confronter

peut-être

sur notre façon

de voir les choses

mais en tout cas,

c'est tellement enrichissant

que, voilà,

continuer à travailler

en réseau

et notamment

en sexologie,

ça me paraît fondamental

de ne pas rester seul

dans son coin

parce qu'on est quand même

interpellé par nos patients

et c'est important

de pouvoir aussi

être en supervision

bien sûr

pour re-questionner

nos pratiques

et puisque j'espère

avoir plus de professionnels

formés pour répondre

à une demande croissante

notamment en Savoie.

Nous ne sommes pas

assez nombreux,

moi je travaille maintenant

plus qu'à mi-temps

et je refuse du monde

ce qui me désire

ou ce que je désespère

mais, voilà,

que les jeunes

conseillers conjugaux

et familiaux,

que les jeunes

thérapeutes de couple

ou plus anciens

d'ailleurs,

n'hésitent pas

à aller se former

en sexologie,

c'est passionnant,

très égoïstement

pour soi,

c'est passionnant

sur ce qu'on apprend

et puis bien sûr

pour nos patients

à la suite.

Voilà,

je vous remercie

de votre attention

et puis

à bientôt peut-être.

Merci beaucoup

Bénédicte

vraiment

pour

cette intervention

qui était très éclairante,

on comprend mieux

du coup

le métier

de conseiller conjugal.

bien sûr,

il y a beaucoup

de conseillers conjugaux

et familiaux

qui participent

à cette intervention,

enfin,

qui ont visionné

cette intervention

donc, du coup,

ça leur permet

de voir quelle place

ils peuvent prendre

aussi dans la prise

en charge

des dysfonctions sexuelles,

même si vous êtes formé,

comme tu l'as précisé,

dans votre formation

initiale,

comme tu l'as précisé,

c'est vrai que

ça n'aborde pas

tous les sujets,

donc c'est bien

d'avoir une formation

complémentaire

et puis surtout,

éclairer aussi

les soignants

sur l'intérêt

d'adresser

aux conseillers conjugaux

et familiaux

parce que

vous êtes considéré

comme des professionnels

du soin

ou des professionnels

du bien-être

les conseillers conjugaux

et familiaux ?

Fameuse question,

on ne sait jamais

dans quelle catégorie

on rentre

parce que c'est comme

ce n'est pas une profession

encore

reconnue,

labellisée

avec un certificat

on n'a toujours pas ça

donc en fait,

c'est très difficile

en général,

les conseillers conjugaux,

la majorité,

c'est des femmes,

c'est pour ça que je dis

les conseillers conjugaux

et les familiales,

elles sont,

quand elles sont

employées par exemple

en centre de planification

ou dans des structures

comme ça,

elles sont considérées

en fonction de leur métier,

si elles étaient infirmières,

si elles étaient sages-femmes,

si elles étaient,

c'est ça,

en termes de grilles tarifaires

par exemple,

ça va rester sur ce niveau-là.

Ok, d'accord.

On est à cheval

entre la famille,

les jeunes,

le soin,

la santé,

la sexualité,

on est entre

plein de domaines.

Vous êtes à cheval

et justement,

du coup,

d'où l'importance

parce que vous faites

le lien en fait

entre les professionnels

du soin,

les professionnels

de l'éducation

et les professionnels

de la prévention

donc vous avez vraiment

un rôle central.

D'où le travail

en réseau.

Voilà,

donc je suis très content

qu'on ait pu

mettre ça en avant.

Eh bien,

du coup,

on a terminé

la dernière intervention

de ce sommet

et alors,

je tiens à remercier,

je tiens à te remercier

Bénédicte,

je tiens à remercier

tous les orateurs,

je tiens à remercier

toutes les personnes

qui ont participé

aux interventions,

vous avez été très nombreux.

Vous pouvez continuer

à poser les questions

dans la fenêtre de chat,

dès qu'on va clôturer,

on peut continuer

un petit peu

à discuter ensemble

sur ce sujet-là.

Il y aura un replay

qui va être disponible

prochainement

dans les prochains jours

pour que vous puissiez

revoir

ou voir

les interventions

auxquelles vous avez

pas pu participer.

On va le laisser

disponible

pendant au moins

une semaine,

voilà.

Je tiens à rappeler

que ce sommet

est financé

par Sexoblog

et par la CPTS

du Mont-Blanc

donc qu'on remercie

vraiment beaucoup

et je tiens à vous remercier

et bien sûr,

il est parrainé

par donc

plusieurs associations

de sexologues

dont l'Association régionale

multidisciplinaire

de santé sexuelle

l'ARMS,

l'AIUS,

l'Association interdisciplinaire

post-universitaire

de sexologie,

donc merci,

merci à Pierre,

le président,

que vous avez pu voir

aussi tout à l'heure,

la Société francophone

de médecine sexuelle,

la SFMS,

vous avez pu voir

l'intervention

de Carol,

aussi tout à l'heure,

qui est la présidente

de la SFMS,

le Centre international

de formation

et de recherche

en sexualité,

donc c'est le CIFRES,

l'Association de droit au corps,

l'ANAMACAP,

l'Association nationale

des malades

du cancer de la prostate,

donc vraiment merci

à toutes ces associations,

toutes ces structures

d'avoir transmis,

d'avoir parrainé

le sommet,

donc on est vraiment

très très content

et que dire d'autre,

ben écoutez,

voilà,

c'était super

et c'est pas fini

parce que là,

c'est que

on est au troisième jour

de la semaine nationale

de promotion

de la santé sexuelle

et à partir de demain,

il y a les JF3S,

les journées francophones

de sexologie

et de santé sexuelle,

donc tout ça,

ça va être trois jours

de congrès,

ou plutôt

pour les sexologues

à Lille,

en présentiel,

et on va fêter

les 40 ans

de la youth,

donc probablement

il y a beaucoup

d'entre vous

qui seront présents

au JF3S,

donc n'hésitez pas

à venir nous voir,

comme ça,

on pourra se rencontrer

en vrai,

ça va être super sympa.

Bénédicte,

un petit mot

de la fin,

tu as quelque chose

à dire ?

Merci de m'avoir

fait cette proposition

parce que,

encore une fois,

de travailler en réseau,

de mieux se connaître

et puis de présenter

la place qu'on peut avoir

en tant que conseillers

conjugaux et familiaux

dans la prise en charge

du soin des couples

sur leur santé sexuelle,

ça me paraissait

important

de dire qu'on existe.

Bon,

et bien merci

en tout cas

et bonne soirée

à tout le monde

et je vous souhaite

vraiment

une bonne fin de semaine

de la promotion

de la santé sexuelle.

Au revoir.